Bienvenue chez McDonald's

Publié le par Altaïr

Paris
Julian

undefinedLa fille qui me forme s'appelle Juliette. Elle est un peu ronde, elle n'a sans doute pas inventé la poudre, mais elle est gentille. Elle m'explique comment tout fonctionne ici, me montre comment on s'occupe de la caisse, comment on nettoie, etc. J'essaye d'emmagasiner le maximum d'information, tout en ayant la certitude que, de toute façon, je serai obligé de lui redemander comment faire telle ou telle chose à un moment ou à un autre. Comme tout est asceptisé ici ! Comme tout cela manque de vie ! Je regrette le Dionysos et me demande comment s'en sort mon successeur en ce moment même. Est-ce que tout ça n'est qu'une énorme bêtise ?
Une manifestation passe dans la rue, sur la Place de la République. Les ballons et drapeaux de la CGT se lèvent au dessus de la foule, des hauts-parleurs scandent les refrains de la lutte à s'en lacérer la voix. Parait-il qu'il y a eu pas mal de remue-ménage en France pendant mon séjour à Londres. Depuis l'étranger, je n'avais pas saisi l'importance de tout ça, mais Juliette, qui s'est retrouvée complètement bloquée pendant cette période, sans métro, sans train, peste contre les grévistes.
« Ahlàlà, ces fainéants de gauchistes... Qu'ils nous empêchent pas de travailler, au moins ! »
Je le regarde, interloqué. Elle me gratifie d'un sourire.
« T'inquiète, je plaisante Julien.
- Julian. »
J'ignore si je dois la croire ou non.
«  Pardon, Julian, continue-t-elle. Tu me rappelles mon ex. Il s'appelait Julien. Mais il était moins beau que toi. »
La voilà qui rougit bêtement, et je me retrouve bien embarassé. Cet habit est tellement stupide !
En rentrant chez Laura le soir, je renifle mes mains qui sentent les frites bien grasses et le hamburger.
Place de la République. Boulevard des Filles du Calvaire. Rue Oberkampf. Je traverse le Boulevard Richard Lenoir. Me voilà rue de la Folie Méricourt.
Un nouveau chemin, une nouvelle vie. Pourvue que ça ne s'éternise pas. Vivement que je trouve autre chose. Laura s'engueule au téléphone avec quelqu'un. Lorsqu'elle me voit arriver, elle raccroche furieusement et se met à pianoter sur son ordinateur avec une nervosité frénétique.
« Ca va ? je demande, discret.
- Ouais, répond-elle sèchement.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien, des embrouilles pour le tournage.
- Ok. Tu veux pas savoir comment s'est passé mon premier jour à McDo ? »
Laura se retourne vers moi et soupire.
« Comment s'est passé ton premier jour à McDo ?
- Ca va.
- Au fait, Sa Majesté crève la dalle, alors si tu te décides à aller faire des courses, prend lui des croquettes. Il arrête pas de miauler et ça me saoule. »
La vie avec Laura ne me paraissait pas comme ça, vue de l'extérieur, quand, lorsque nous étions encore « en couple », je nous imaginais plus tard, tous les deux, vivant en concubinage. Je la découvre pénible, sèche, carrément invivable. Mes bras se referment sur le corps soyeux de Sa Majesté et, sans demander mon reste, je vais m'allonge sur le canapé. Les ronronnements du félin s'enroulent autour de mon esprit, et me font plonger dans les abysses du sommeil le plus profond.


Publié dans Julian

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amanda 31/01/2008 23:44

bjr,quand est ce qu'a tu travailler chez mcdonald's republique?a bientot

Procyon 25/01/2008 16:00

Eh fait attention à ce que tu dis sur Laura toi...;-)

Bételgeuse 24/01/2008 20:46

J'l'aime pas, cette Laura.....Et puis oh, c'est pas si dégradant de bosser dans un fast-food !! Pas plus que d'y  bouffer......... !!

Alsciaukat 24/01/2008 17:49

Ben faut dire que Laura, ça la met ptête un peu sur les nerfs d'avoir 24/24 un squatteur chez elle ^^' Ca peut être compréhensible...Bon pis j'souhaite aussi à Julian de trouver autre chose.