Non-dits

Publié le par Sargas

Paris
Damien
 
undefinedNuits blanches. Journées blanches. Paris. Métro. Vie souterraine. Vie nocturne. Immersion totale. Jérôme me guide dans cette ville que je connais peu. Enfin, à la base, je la connais. Mais, pas beaucoup mieux qu'un touriste. Il me mène dans des endroits où seuls les initiés à une culture souterraine, pleine d'interdits, pleine d'insanités, se rendent. Je ne reconnais pas dans ces lieux, l'ami avec qui j'ai partagé la plupart de ma jeunesse. J'ai essayé de parler avec lui, de comprendre ce qui avait bien pu le plonger là dedans. Mais je me suis heurté à un mur de silence. Il est assis en face de moi. Il me fixe du regard. Ses yeux ne laissent transparaître aucun indice sur ce qui se passe dans sa tête. Je détourne les miens, et regarde les tubes de néons défiler alors que la rame serpente dans les entrailles de la ville. Depuis petit, je suis fasciné par ce monde souterrain. Je me suis toujours imaginé des histoires qui font peur en pensant à tout ces tunnels où tout est noir. Où la lumière du jour est bannie.
« Toujours à imaginer tes contes de fées dans les tunnels du métro? »
Jérôme me demande ça alors que lui-même a porté son regard sur les murs noirs.
« Comme toujours. Je n'ai pas beaucoup changé, tu sais... »
A l'inverse de certain, j'ai envie de poursuivre. Mais au regard en coin de Jé, je comprends que cette partie de la phrase est inutile et que je n'en saurai toujours pas plus.
« Tu as rappelé Yohan? Tu m'as bien dit qu'il t'avait proposé du taf?
- Oui. Je dois le voir cette semaine.
- C'est bien... Sinon... Paris te plaît?
- Je m'y fais tout doucement. Merci d'ailleurs de m'héberger et pour tout le reste aussi.
- Pas de soucis. Tu es mon meilleur ami Dam. Tu le sais bien. Je regrette juste que nous nous soyons perdu de vue pendant aussi longtemps. J'aurais voulu t'aider. T'aider à traverser tout ça.
- J'aurais voulu être là pour t'aider aussi. Tu sais, depuis...
- N'en parlons pas, si tu veux bien. On descend au prochain. »
Regard fuyant. Bouffée de chaleur. Silence. Remontée à la surface. Pendant un instant, je ne sens pas le froid de l'extérieur. Je le sens plutôt venir de l'intérieur. Nous marchons dans un dédale de petites rues comme savent le produire les grandes villes. Paris est vivante. Paris m'avale dans ses entrailles. Je ne vois pas le nom des panneaux des rues où nous circulons, celles-ci n'étant pas éclairées. Les entrailles de Paris sont sombres. Jé ralentit. Il toque à une petite porte. Merde. On se croirait vraiment dans un mauvais film. La porte s'ouvre. La musique électronique s'échappe par l'ouverture. En tendant l'oreille, j'entends les cris. Nous entrons. Bienvenue en Enfer.
 

Publié dans Damien

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Alsciaukat 28/01/2008 13:02

XD AltiSinon ben oui ça fait rudement bizarre de voir Damien se faire entraîner là-dedans... Qu'est-ce qu'il fait là, lui ?...

Altaïr 28/01/2008 09:06

Mééé ! C'est trop bien le métro à Paris :)Bon, alors, à celui qui écrit et à celle qui "corrige"... Je RE-répète qu'il faut mettre en espace entre la fin d'un mot et le "?" qui le suit, ce qui, donne, par exemple :"Paris te plait ?" Et non pas :"Paris te plait?"Vous allez dire que je chipote, et moi je répondrai : oui, je chipote. Comme ça, au moins, on sera tous d'accord.

Bételgeuse 28/01/2008 03:57

Sarguinouuuuuuuuuuu !! je viens de me rappeler qu'on avait parlé d'un truc... Il faut qu'on parle !!!!Mais en effet, rien de plus triste que de sentir qu'un ami est devenu lointain.....

Bételgeuse 28/01/2008 01:37

Comme je suis contente que tu aies écrit et que je suis trèèès gentille, je te corrige cette mep, parce qu'après tout, ton nom, ce n'est pas Altaïr.....