Faites que je ne me réveille pas demain

Publié le par Altaïr

Paris
Julian

undefinedLa pluie ne cesse de tomber. Et le sommeil ne vient pas. Mon esprit affuté se focalise depuis des heures sur le bruit des gouttes venues s'écraser contre le velux, et mon corps se tord sous la couette à n'en plus finir. Je ne sens plus Sa Majesté sur mes pieds. Toi aussi tu m'abandonnes, alors ? Laura n'est pas rentrée ce soir et j'ignore où elle se trouve. Je prends conscience que je suis loin de chez moi – plus encore que lors de mon séjour à Londres -, loin de ma ville, des mes frères et de mes amis.
Tes amis ?
Louis, Lulla, Alex, peut-être même Lola. J'ai des amis, tu sais.
Alors pourquoi être parti loin d'eux ? Tu as longtemps reproché à Cathy, Sylvain et Nalvenn de t'avoir laissé tomber, et au final, tu reproduis la même chose.
La ferme !
Tu n'es pas bien ici, dans ta chère Capitale ? C'est ce que tu voulais non ?
Le bruit de la pluie s'intensifie. Je me mets à pleurer, et j'enfonce ma tête dans l'oreiller pour étouffer le son des sanglots. Non, tu as raison, je suis un pauvre con, je n'aurais jamais dû partir. J'aurais dû rester au Dionysos, en province. Ici je ne connais rien et je hais ce boulot de merde, je ne veux pas me lever demain matin pour y retourner, je ne veux pas me lever demain matin, je ne veux pas me réveiller.
Mais tu ne dors même pas encore...
La ferme ! TA GUEULE !
Mes pleurs s'intensifient. Une main passe dans mes cheveux. Est-ce que c'est toi Laura ?
« Callate Julian, estoy aqui... »
Mes yeux se ferment. Je sens l'odeur de Joàn envahir l'espace, la douceur de ses doigts sur ma nuque, la caresse de son souffle sur mon échine endolorie. Un frisson lourd se répand dans ma poitrine jusqu'aux extrémités de tout mon corps. Ne m'abandonne pas...
« Me quedo contigo, no te preoccupes mi amor. Y tu, Sombra, dejale por favor. »
Ne me dis pas ce que j'ai à faire.
« Eres una sombra, y yo soy real. Tienes que obedecer. »
Salaud...
Je me retourne violemment, et je prends Joàn par le cou. Mes mains se resserrent sur sa peau et j'espère le voir crever, étouffer, je serre de toutes mes forces et ce connard ne bouge pas. Ce n'est plus Joàn. C'est moi que j'étrangle. Et je suis devenu Joàn.
Merde... Arrêtez ça...
Je me contracte sous les draps. Les mots et les sons se mêlent dans ma tête. Le sang bouillonne dans mes tempes comme une mer en furie. Qui suis-je ? Où suis-je ? Je ne sais même plus quelle langue je parle. Tout s'emmêle dans ma tête. Et des vagues de sang viennent s'écraser sur les rivages de mon cerveau. Mon corps est replié comme un foetus. Faites que cela s'arrête, que je m'endorme.
Faites que je ne me réveille pas demain.


Publié dans Julian

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Commenter cet article

Max 10/02/2008 20:33

"Pourquoi certains écrivent-ils ? Parce qu'ils n'ont pas assez de caratère pour ne pas écrire" Karl Kraus

Bételgeuse 04/02/2008 12:36

...........C'est beau......

Alsciaukat 03/02/2008 12:19

Le retour de Joàn ^^' Je pensais à lui l'autre jour justement ! Me demandais ce qu'il devenait... J'attends de voir comment tout cela va se poursuivre, si sa folie a suivi Julian jusqu'à Paris...