Retour au Kremlin

Publié le par Altaïr

Le Kremlin-Bicêtre
Julian

undefinedComme c'est étrange, de dormir dans le lit de Nathan... Je suis revenu ici, mais cette fois avec tout mon barda, et Sa Majesté, qui se laisse transporter d'un appartement à un autre sans rechigner. Tant qu'il a un petit coin sur mes pieds pour dormir et de quoi manger, rien ne l'atteint, ce brave chat. J'ai aéré les lieux et fait un brin de ménage. Il faut dire que personne n'est venu ici depuis des mois. Pourquoi diable Nathan a-t-il abandonné sa vie parisienne pour aller s'installer à Dakar ? Qu'y a-t-il à Dakar qu'il ne trouvait pas ici ? Quelque chose ? Quelqu'un ? Qui sait...
Il n'a même pas cherché à revendre son appartement. Il me le cède comme ça, avec un simple colis, un encrier et une clef. Je ne comprends rien à son jeu, mais cela m'intrigue toujours davantage. Est-ce que je ne suis vraiment qu'un pion sur l'échiquier de sa folie ?
Notre folie.
«Une locura que compartimos. »
Pourquoi ?

Sa Majesté me regarde astiquer les lieux. Un petit deux-pièces, chambre + salon, ainsi qu'une minuscule cuisine et une salle de bain de la même envergure. J'ignore pour combien de temps je resterai ici, ce n'est guère pratique pour se rendre au boulot place de la République, mais je ne pouvais décemment pas squatter plus longtemps chez Laura. Je lui en veux de m'avoir caché sa relation avec ce sale type débarqué de New York, mais après tout nous n'étions pas vraiment en couple, alors qu'est-ce que ça peut bien faire ? Laura est une grande fille (façon de parler), elle est indépendante et elle en veut. Je l'ai vue s'épanouir quand nous nous sommes rencontrés en 2004-2005 ; elle se disputait avec ses parents, elle voulait fuir à Paris, entamer une vie nouvelle. Elle se réfugiait dans mes bras, puis mes bras sont devenus hostiles, à cause de l'influence qu'avaient sur moi les membres du Clan, jaloux de mon idylle. Alors elle s'est détachée de moi et elle a volé de ses propres ailes. Je suis entré en deuxième année à la fac de Lettres Modernes, elle a obtenu son baccalauréat et est partie pour Paris, à l'université de Saint-Denis, pour suivre des cours de cinéma. Nous ne nous sommes plus vus, hormis quelques rares nuits lorsqu'elle descendait sur Dijon, sans prévenir, et débarquait dans mon lit pour assouvir son désir. C'est peut-être avec elle que j'ai appris à souffrir. Désormais notre confiance mutuelle est totale. Comme quoi, il suffit parfois de rompre et de laisser passer le temps pour que les relations les plus délicates deviennent les plus belles. Est-ce qu'un jour nous connaitront ce repos, Lola ?
Je sors ma plume, le beau papier à lettres, et le petit encrier. Il faut que je lui écrive.

 

 

Publié dans Julian

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Alsciaukat 06/02/2008 16:47

Ecriiire :DBon eh bien sinon, un fragment assez autobiographique, ça fait pas de mal pour replacer les choses dans leur contexte !