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Publié le par Sargas

Lille
Damien

Mes yeux me font mal tandis qu’ils se réhabituent à la lumière naturelle. Déjà une semaine que je suis enfermé dans ce placard. L’air y est lourd, les négatifs refoulant leurs odeurs de produits chimiques, révélateurs et compagnie, épaississant l’air et m’étouffant en me rappelant cette impasse de ma carrière. Pas tellement une impasse. Une salle d’attente. Une salle de rétention. Je suis retenu dans cette salle où je n’exploite aucune de mes capacités, éclairée par une petite lampe de bureau et une table lumineuse pour regarder chaque bout de pellicule. Je profite de la pause déjeuner pour prendre l’air. Il y a une petite salle de détente au cinquième étage. Les portes-fenêtres ouvrent sur une petite terrasse avec des chaises métalliques et deux petites tables rondes. Depuis que je suis assigné à cet étage, je n’ai croisé encore personne sur cette terrasse. Ils préfèrent tous aller au restaurant certainement, tellement plus chic que de venir avec un sandwich ou une boite à faire réchauffer. Cela me va au final. Je peux rester ici tranquille à l’abri de toute remarque et admirer de mes hauteurs la foule qui passe et se dirige vers la Grand Place ou l’Opéra. Un frisson me parcourt. Des nuages avancent tout doucement poussés par le vent léger et un peu froid. Des couples déambulent sur la place, main dans la main, sourires, œillades, instants de bonheur parfait que peu connaîtront par le futur. Je souris à ces images de bonheur et pense aux vieilles photographies d’antan. Ces photos de baisers volés, d’embrassades, d’adieux sur les quais etc. Ces mêmes images qui, enfant, m’ont poussé à prendre un appareil photo dans les mains et à photographier les gens. A voler ces jolis moments, cadeaux de la vie. Alors que je regarde ce chaleureux spectacle, mes pensées pour elle resurgissent. Je me souviens de nos promenades dans le Vieux Lille, les après midi à la Citadelle, allongés prés l’un de l’autre sans rien nous dire, mentant sur les sentiments que nous éprouvions l’un pour l’autre. Nous n’étions et ne devions rester que deux âmes parcourant un bout de chemin ensemble mais sans nous tenir la main. Jusqu’ au jour où… « Damien ? Tu ne devrais pas être en train de bosser plutôt que de rêvasser ? ». Jean-Charles. Mon bourreau me rappelle à l’ordre me menaçant de sa hache qu’est mon travail pour lui. « J’y retourne tout de suite, Monsieur. ». Le vent souffle doucement et le ciel est assombri par de gros nuages qui occultent le soleil. Mes sentiments réchauffés sont aussitôt rejoints par mes froides pensées. Arrivé à mon placard, le froid est devenu glace, l’étincelle de son souvenir anéanti par le froid de son absence. Sofia…

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Publié dans Damien

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A
J'aime bien, on se retrouve plongé dans quelque chose de tendre mais en même tant plein de regrets et d'amertume et on a envie d'en savoir pluuuuuus!! Je retrouve ce style qui me plait bien, même si t'y étais allé un peu fort avec la crise du début, forcément, tout a l'air fade après lol. Et surtout je suis fan parce que sur le coup t'es mon digne filleul niveau synesthésie. J'adhère!
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A
Ca donne envie, toussa :) En l'occurence, j'me console en m'disant que Damien en est loin aussi ^^'
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A
Bien, bon fragment. Continue sur cette lancée, le quotidien au travail, ne vas pas trop vite dans les changements de poste, prend le temps de décrire son univers pour qu'on s'y habitue, quitte à te répéter, à parler souvent de la même chose, jour après jour. <br /> <br /> Sinon je confirme les dires de Déneb, moi j'ai parfois du mal à m'y retrouver, mais dans l'ensemble ça va, ça me parait tout de même assez clair. Continue !
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D
Ah finalement ce sera Sofia... ;-) Pendant un moment, à la lecture, je me suis dit "hein, mais il parle de Suzanne là ?" mais je ne trouvais pas ça logique qu'il parle d'elle sachant ce que tu m'avais dit. En me mettant à la place des lecteurs qui ne savent pas ce que tu as prévu, et qui sont exactement les personnages et compagnie, je me dis qu'ils doivent peut être avoir du mal à suivre les nombreuses aventures amoureuses de Damien :-p (mais c est la meme chose pour Suzanne, comme l'a souligné Alsciau l'autre jour, certains prénoms reviennent dans nos frags respectifs sans que l'on explique vraiment ce qui s est passé entre eux.). <br /> En tout cas, j'ai hâte de voir la suite, cette Sofia m'intrigue, surtout que tu n'as pas voulu me dire tout, bougre que tu es. ;-)
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