Rires jaunes et lunettes noires

Publié le par Aldébaran

Dijon
Jed
 
jed.jpgLe soleil envahit les rues de Dijon, me faisant plisser les yeux. Je me resserre contre Jon, qui lui, a trouvé moyen de se cacher derrière des lunettes noires. La chaleur m’étouffe et m’éblouit. Même mon pantalon de lin blanc semble vouloir me resserrer dans son étreinte. Nous descendons le boulevard Devosge. Ma main plantée dans celle de Jonathan. Je suis heureux sous ce beau temps qui me fait rire. Jonathan me demande pourquoi je m’esclaffe. Je ne puis répondre. C’est le beau temps… cette chaleur… Je vais bien, c’est tout !
Soudain j’aperçois une forme familière qui vient à notre rencontre.
« Jacqueline !
- Quoi ?
- Jacqueline, c’est elle Jacqueline !
- La Jacqueline qui…
- Oui, attend voir. »
Au fur et à mesure qu’elle s’approche de nous, son regard entre dans le vague. Je vois qu’elle ne veut pas nous voir. Elle compte passer sans même nous remarquer. Je ne lui laisserai pas cette chance. Ma main s’affirme dans celle de Jon.
« Jacqueline ! »
Elle semble surprise de mon invitation à discuter. Elle ralentit un quart de seconde. Je m’approche d’elle et lui fais la bise.
« Ca faisait longtemps. Vous me reconnaissez ? C’est moi, Jed. 
- Bonjour Jed… »
Elle est plus que surprise, sa démarche est un peu gauche. Elle ne sait pas vraiment quoi dire.
« Je vous présente mon petit ami, Jonathan.
- Enchanté.
- …Enchantée. »
Elle ne lui tend pas la joue, ni n’approche sa main en guise de salut. Jonathan, qui avait eu un mouvement vers elle se recule soudainement.
« Comment allez-vous ?
- Eh bien, j’ai fait ma petite promenade dominicale hier pour aller voter.
- Ah oui… et les résultats…
- C’est bien, tout s’organise. Elle n’a aucune chance. On va pouvoir se débarrasser un peu de la racaille.
- Vous voulez parler de la racaille qui sévit à Saint-Julien ?
- Oh, mais on sait ce qui s’y passe, nous, dans les banlieues.
- Ah… Les informations.
- Oui. On voit bien au journal télévisé. On a quand même permis à leurs parents de venir travailler en France. De quel droit…
- Bon, je suis désolé, mais nous sommes un peu pressés. Dites bonjour à mon père de ma part. »
Nous la plantons là sur le trottoir et avançons à grandes enjambées. Jon, qui jusqu’à maintenant se retenait de rire se laisse aller. Nous rions maintenant à gorge déployée en passant devant la salle Devosge.
« Elle est vraiment atteinte, ta Jacqueline.
- Ben, oui, tu sais, de nos jours, la télé fabrique de beaux zombies. »
Un sourire s’installe sur nos visages. La chaleur adoucit nos traits. J’embrasse Jonathan, lui retire ses lunettes, et les pose sur mon nez en souriant.
« C’est moi la star maintenant ! »
 
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Publié dans Jed

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S
qui n'a jamais rêvé de moucher un voisin débile ou raciste??? Excellent frag rien que pour ce passage trop jouissif!!!
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A
Bien joué Aldé :) <br /> Je ne peux rien dire de plus, juste bravo :)<br /> Et merci.
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A
Hé hé vué, informatisés.. (si j'puis dire...) on voyait ça arriver !<br /> <br /> En tout cas un beau temps comme ça, ça réjouit ! Main dans la main...
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H
heyyy j'ai bien aimé!! c'est vivant, enfin je sais pas cmt dire, je souris bêtement devant le txte.... c'est mignon drôle , ça donne envie :-)<br /> et mdrrr jpense à mon voisin j'adorerais lui faire ce coup là ahah, ou sa femme c'est du pareil au même lol.<br /> merci pour ce petit moment ça fait du bien (j'ai tjs le sourire jusqu'aux oreilles! ^^)
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