Fragments

Publié le par Aldébaran

Dijon
Jed

jed.jpgVibration contre ma cuisse. Jonathan m’appelle encore. Le serpent du remords me ronge les entrailles, entourant mes boyaux jusqu’à m’étouffer. Non, Jed, ne réponds pas. Je ne peux plus, j’ai pris ma décision maintenant. Je ne répondrai plus à un seul de ses appels, je ne le reverrai plus. Comment vais-je faire alors pour mes affaires qui sont toujours chez lui ? On verra. Pour l’instant, essayer de s’arrêter de penser. Je n’ai plus le choix, je ne peux reculer. Jonathan a fait partie de ma vie, mais il s’en est chassé. Je dois réapprendre à vivre seul, réapprendre à draguer, réapprendre à me faire valoir. Nous sommes dans un monde sans pitié.

Je suis en lui ; il geint. Il aime mes ongles qui le griffent, il aime mes mots qui l’insultent. Il jouit sous mon corps en furie, mes muscles de loup-garou lui déchirant les entrailles. Il aime chaque parcelle de mon corps quand mon Désir est en lui, il aime chaque mot que je prononce, chaque coup que je lui porte.
Vibration contre ma cuisse. « Allo, Jed ? C’est Jon. Je m’en veux, je n’aurais pas dû. J’aurais… essayé de te retenir. Tu es l’homme de ma vie… je… je ne peux pas… J’ai mal sans toi. Rappelle, je t’en prie. »
Tapez 2 pour effacer. Effacer.
Sa bouche contre mon intimité, ses mains qui caressent chaque parcelle de mon corps. Recoin d’une porte cochère, il me plaque contre le bois. Il veut avoir le plus de moi possible en lui. Sa bouche grande ouverte aspire mon être, boit ma substance. Ses mains se crispent sur mes fesses. Traînée de nacre sur le sol.

Vibration contre ma cuisse. « Allo, c’est Jon. Pourquoi tu ne réponds pas ? Je… je me suis excusé encore et encore. Je ne veux pas te voir partir… je… [Sanglots] Jed, tu ne…
Tapez 2 pour effacer. Effacer.
Ahhh. Putain. Ca fait mal. Ça s’ouvre lentement, j’ai l’impression que ça ne passera jamais ! Distension des chairs. Il force. Crispation de ma mâchoire. Ne pas crier. Sa femme dans la chambre à côté. Aïe. Il est en moi. Je le sens qui me brûle l’intérieur. Je respire plus vite, je halète ; j’ai mal. Putain. Jouis. Vite. Dégage. Je t’en prie Seigneur, sauve-moi. La rémission des péchés dans la douleur. J’ai l’impression de saigner, j’ai l’impression de brûler, j’ai l’impression de crever. Et il s’en fout. Il me jouit dans le cul. Bise. Au revoir. A bientôt.

Vibration contre ma cuisse. « Allo, c’est moi. Jed, je t’en supplie… je n’en peux plus… tu… tu ne réponds pas… je… je t’aime, Jed. »
Tapez 2 pour effacer. Effacer.
Ils m’entourent. Je me sens humilié. Ils me regardent sous toutes les coutures. Je suis nu, au milieu d’eux. Ils me jaugent comme un animal. Beaux mollets. Belle taille. Belle queue. Beau cul. L’un baisse sa braguette et vient se planter devant moi. L’autre me met un doigt, puis deux. Un troisième vient jouer avec ma queue par en dessous. Je fais ce que je dois faire, touche ce que je dois toucher, lécher ce que je dois lécher. Je gémis un peu. Pour faire bonne impression. Je ferme les yeux à demi, pour montrer mon plaisir, et surtout ne pas voir. Ils ne sont même pas beaux.
Vibration contre ma cuisse. « Allo, Jed ? C’est… »
Tapez 2 pour effacer. Effacer.

Je marche dans la rue Berbisey. Je mets une main dans mon pantalon pour arranger mon boxer. J’ai encore mal, un peu. Et quelques contusions de-ci de-là. Je pense que je n’ai rien à regretter. Je pense que j’ai fait ce qu’il fallait. Je pense que même si c’était une mauvaise décision, il faut rester fidèle à ses choix. Le serpent du remords me tenaille les entrailles. Je m’en fous. Il est tard. J’ai bien dû raccrocher au nez de Jonathan une dizaine de fois aujourd’hui. Il ne me lâchera pas de sitôt. Je suis en bas de chez Martin. Déjà je m’apprête à monter les escaliers. Je sais qu’en haut m’attendront les corps dénudés et la pudeur éclatée. Je sais que des fragrances d’opium me suivront jusqu’à ma chambre. Je sais que peut-être je boirai ce soir, peut-être que quelqu’un me fera l’amour, là-haut. Et peut-être aussi que je pourrai m’endormir serein.
Vibration contre ma cuisse.
 
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Publié dans Jed

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A
Maiis maiis maiiiis ma "couleur" !! :PEt euh sinon, beeen vui euh wah, quoi... pauvre Jed, c'est tellement bizarre de préférer ça à Jon... sans même avoir discuté...
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L
Fragment superbe. Le Jed tellement entier. Tellement brut, comme un diamant.Le Jed incesté.Bravo l'artiste. Chapeau bas.
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A
Bizarre, moi je dois taper 3 pour effacer.Et puis... et puis zut alors, Aldébaran-Bételgeuse-Altaïr, ou le vol mutuel et incessant des expressions des autres ! Parce que le "vibration contre ma cuisse" c'est du Julian, et le "serpent du remord qui ronge les entrailles", c'est Sylvia... M'enfin, je suppose que c'est normal. C'est triste pour Jon, j'ai pas reconnu Jed dans ce frag (d'ailleurs pourquoi ce titre?). Et puis c'est peut être "trop" hot (comme toujours après une rupture, vous l'aurez remarqué, dans le cas de Jed). Pourvu que personne ne nous demande de passer le site en "adulte" :S
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S
Euh... Preum'sEuh... waouh...
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