Bon Travail

Publié le par Sargas

Lille
Damien

damien-bis.jpgLundi. Je ne pense pas que beaucoup de gens aiment le lundi. Suffit de lever les yeux du trottoir et de regarder les mines défaites de tous les gens que je croise dans la rue. Je jette un œil en passant à la petite boutique Photo Time qui a sur sa devanture une affiche des Transphotographiques de Lille et plus particulièrement de l’exposition au Tri Postal sur la photographie et le cinéma. A voir. En regardant l’affiche je vois mon reflet dans la vitre du magasin. Moi non plus je n’ai pas une tête très engageante. Mais le lundi n’y est pour rien. Les heures de sommeil en retard en sont certainement la cause. Trop de temps passé à ruminer. Je n’y peux rien non plus si je n’arrive pas à m’endormir, sa présence me faisant cruellement défaut. Certes. Je chasse de mon esprit ces pensées et continue mon chemin jusqu’au bureau. Une fois rentré dans les lieux je me rends compte que ma nouvelle tête n’est pas encore ancrée dans les mémoires. La quasi-totalité des gens se retournent ou me regardent d’un drôle d’œil comme s’ils voyaient sous mes traits squelettiques et mon crâne rasé un quelconque bagnard. En fait il y a un peu de cela. Je suis un prisonnier rejoignant sa cellule. Prisonnier d’un travail de classement dont je ne vois pas la fin, enfermé dans une cellule sans fenêtre. Je me dirige directement vers l’ascenseur et appuie instinctivement sur le bouton rond portant l’inscription 5. Montée. Sensation de flottement. Arrêt. Les portes s’ouvrent sur les couloirs du cinquième et je me dirige vers ma cellule. A mon grand étonnement la porte est entrouverte. Je la pousse et découvre Jean-Charles assis à ma table en train de regarder des pages d’un classeur de négatifs déjà triés. « Bonjour ». En toute réponse une sorte de grognement s’échappe de la gorge de Jean-Charles. Cet homme ne m’inspire vraiment aucune sympathie. Toujours cette arrogance et ce mépris des autres.
L’autre soir au Tam-Tam ils avaient été plusieurs à parler du comportement de Jean-Charles. Sa condescendance, sa façon d’envoyer constamment chier les gens, ses manières de tyran amenaient bien souvent les gens à le détester. Seul Ian avait émis quelques réserves sur le jugement de nos collègues prétextant qu’il fallait apprendre à le connaître. En réponse tous avaient soulevé les épaules faisant comprendre qu’aucun ne ferait l’effort de faire sa connaissance.
Mes pensées sont interrompues lorsque Jean-Charles se lève et ferme bruyamment les classeurs posés devant lui. « Bon travail. » Ces deux mots sortent de sa bouche si rapidement que je ne les saisis pas tout de suite. Je n’ai pas le temps de le remercier qu’il a déjà quitté la pièce. Je laisse tomber mon sac ainsi que mon corps sur la chaise. Je fixe quelques instants les classeurs et ne remarque pas tout de suite le petit mot manuscrit coincé dessous. Un mot signé Ian. Salut Damien. Alors l’autre soir ? Bien ? Jeudi soir je vais voir l’expo au Tri-Postal. Fais moi signe si ça te dit. Ian. Pourquoi pas. Je prends les classeurs sur la table afin de les remettre sur la petite étagère. Je sens un sourire naître sur mes lèvres. Bon travail.
 
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Publié dans Damien

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A
Comme les autres, comme toujours ^^ (Mon avis, j'entends.)La progression de tes fragments est chaque fois terriblement bien maîtrisée, je trouve, en fait. Y a toujours une construction pile comme il faut pour la lecture, jusqu'à la fin qui arrive en guise de conclusion bien comme il faut :) Been... continue ^^'
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A
Ian, JC, le journal, les ascenseurs, les classeurs, tous ces détails qui nous immergent totalement dans les bureaux où travaille Damien, et puis Lille, les noms de rues, de bars, les gens, et puis aussi le personnage, sa psychologie construite, ses failles, ses souvenirs, ses doutes et ses peurs, son immense fragilité. J'adhère complètement à tout ça, c'est très bien, du bon boulot. Tu scénarises ton fil, ça se sent, c'est hyper agréable à suivre, c'est fluide. Le seul bémol : peut être un manque de virgules qui donneraient plus de souffle à ton écriture, mais sans, l'effet rendu est assez sympa aussi. Comme je te l'ai déjà dit Sargas, tu es maintenant une vraie Etoile d'Encre :) Vraiment heureux de te compter parmi nous, en espérant que tu ne nous quitteras pas de sitôt :D
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A
D'abord, Preu'ms. Ensuite, ce frag est un appel désespéré à l'ensensement alors j'y vais lol. Je dirai tout d'abord: beau travail! Je pense que tu as trouvé ta respiration quand tu écris, ce texte a un très bon rythme, je trouve. On a envie de continuer à lire quand on l'a commencé. Et puis on est plongé dans un univers, celui de ton perso, et ça, c'est bien; et très important. Suis fier d'avoir un filleul si cool.Ah oui, et vive Hard Candy!
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