Chez nous, on prend le petit déjeuner en pensant à Jed

Publié le par Altaïr

Dijon
Julian

julian1.jpgRéveil lent et progressif. J’ai le cerveau embué, des colonnes d’air le noient et l’alourdissent. A travers la fenêtre dont j’ai oublié de fermer les volets hier soir, une lumière blafarde et crue dépèce les murs de ma chambre. Mon bras caresse le lit à côté de moi. Justin n’est pas là.
Je me souviens : il s’est engueulé avec ses parents, il n’a pas pu venir. Ce n’est encore qu’un gamin.
Mes pieds nus se posent sur le parquet qui grince, je me dirige en caleçon vers la cuisine, où Lilian, morne et silencieux, prend son petit déjeuner. Son bol de cacao, il le boit chaud en hiver, et froid en été. Il est comme ça Lilian. Il se plaint souvent parce que, en été, le cacao se mélange mal dans le lait froid, et il doit casser les grumeaux contre la paroi du bol à l’aide de sa petite cuillère. Je commence à mieux te connaître, petit frère. C’est donc ça, ton mécanisme à toi, te refermer comme une pierre quand ça ne va pas, devenir minéral, autiste sans contact avec l’extérieur de toi ? Je suis un peu pareil par moment, je connais ça.
Quelle pédanterie, Julian, de croire que tu as tout vécu mieux que les autres…
Je tiens ça de Maïa, ce n’est pas ma faute si j’absorbe le comportement des gens que je côtoie, et puis ça n’est peut-être pas tout à fait faux non plus, j’ai quand même traversé pas mal d’épreuves…
Oh… pauvre Julian… Quel genre d’épreuve ? Une rupture ? C’est tellement douloureux en effet…
Pitié, épargne moi ce cynisme écœurant !
« Julian, tu pourrais arrêter de faire ça ?
- Quoi ? je demande en me tournant vers Lilian. 
- Ca, ce que tu fais tout le temps, murmurer à voix basse comme si tu te parlais à toi même.
- Je m’en rends pas compte quand je le fais, Lilian.
- Eh ben va te faire soigner. »
Souviens toi Julian, tu dois porter sur le monde un regard sans haine. Et puis, même si cette phrase m’assassine, comment me fâcher contre toi Lilian, tes jolis yeux de feu humide sous ces mèches de cheveux châtain qui coulent sur ton front, ta bouche si triste et cette façon désespérée que tu as de briser les grumeaux de cacao dans ton bol de lait froid. Je sais que tu pense à Jed.
Et je n’y pense pas moins que toi.

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Publié dans Julian

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A
Je ne crois pas que Jed soit un salaud, il aurait ptête juste un peu mieux les préparer, à part ça, je pense qu'il a fait le bon choix.Sinon pour le fragment lui-même, c'est vrai que la phrase de Lilian est pas vraiment sympa... là, chapeau à Julian pour n'avoir rien répondu, tu dois vraiment l'aimer, ton frère... c'est tout joli :)
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A
Je crois pas non plus que Jed soit un salaud. C'est juste que chaque personnage voit les choses de son point de vue. Et oui, il l'aime son ptiot frangin ;)
A
Mais arrêtez, euh. Je me sens coupable, moi. Mon Jed est un salaud. Je vais pleurer... Beau frag, et vive le chocolat!
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A
Personne n'est ni tout blanc, ni tout noir...
M
Ah le coup des grumeaux qui ne fondent pas dans le lait froid ... quel fléau ! Tout ça est très bien encastré, s'enchaine très bien... très "synesthésique" n'est ce pas ?! ;)
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A
Ben pas tellement synesthésique en fait ! La synesthésie, c'est la sensibilité. Donc il aurait fallu que je décrive la sensation de pression de la cuillère sur le bord des grumeaux afin de les faire éclater, le goût des grumeaux de cacao lorsqu'ils passent dans la gorge, le lait froid sur les lèvres, les cuisses nues sur le bord de métal de la chaise un peu froide, et la peau collante de sueur au sortir du lit...
P
PreumzCes deux frères sont atypiques par moment, trivila à d'autres. Vivants tout simplement. Et moi je les aime bien ces ptits gars!! ;-)
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A
Oh "trivila" c'est vraiment joli ^^' Moi aussi je les aime :)