Rêve premier : La fac

Publié le par Antarès

Dijon
Déborah

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De l'eau. De l'eau à perte de vue. La mer ? Non, un lac. Qu'est-ce que je fais là ? Je me retourne. Encore de l'eau. Je plisse les yeux. La berge, là-bas. Très loin. Il faut que j'y aille. Je me mets alors à courir en direction du rivage. A chacune de mes foulées, mes pieds viennent frapper la surface de l'eau, projettant dans les airs des gerbes d'écume. C'est une sensation agréable.
La terre est encore loin. Malgrès mes efforts, j'ai l'impression de ne pas avancer. Je m'arrête pour reprendre mon souffle. Les mains appuyées sur mes genoux, je regarde mon reflet dans l'eau claire. Je fixe la jeune fille du regard, elle fait de même. Je ne l'aime pas. Elle sourit. Pourquoi ? Soudainement, la surface de l'eau s'assombrit. Autour de moi, l'eau devient noire. Noire comme du pétrole. Et ça se propage. Bientôt, toute la surface du lac est recouverte. Mon coeur bat la chamade. Je ne comprends pas. Et... Merde ! Je m'enfonce. Je m'enfonce dans cette eau noire et puante. Je bouge les bras dans tous les sens mais il n'y a absolument rien à quoi je pourrais m'accrocher. Je suis maintenant immergée jusqu'au cou. La respiration haletante, je lève la tête vers le haut, essayant d'attraper un peu d'air pendant que c'est encore possible. Mais déjà le liquide pénètre dans ma bouche ouverte, dans mes narines, s'insinue dans mes poumons. Je suffoque. Me voilà toute entière sous la surface.
Je ne vois rien. Je n'entends rien. Si. Un bruit de craie. Un bruit de craie ? J'ouvre les yeux. Des tables, un prof, des étudiants. Je suis en amphi. Je suis à ma place habituelle, au deuxième rang. A droite, Jérémy qui me regarde avec son sempiternel sourire imbécile, à gauche personne. Derrière, la bande à David joue, comme d' habitude, à qui fera le plus de bruit. Mais peu importe. Je n'ai pas le temps de m'occuper d'eux. Je dois prendre des notes. Je ne peux pas me laisser distraire. Si j'échoue aux examens je... Cette boule au ventre, c'est insupportable. Pourquoi est-ce que je suis aussi dure avec moi même ? Cette perpétuelle quête de l'excellence, c'est elle qui me met dans cet état. Etre la meilleure. En fait c'est une obsession chez moi. Je critique Anne-Laure et ses amies de prépa, mais finallement je suis comme elles. Ca me dégoûte. Je froisse la feuille de papier sur laquelle je notais jusqu'à présent le cours. Le prof s'arrête d'écrire, le silence envahit l'amphi. Tous les regards se tournent vers moi. Déborah Spinner, l'étudiante modèle, ne prend plus son cours. L'étudiante modèle... Plus jamais. Je ne peux plus. C'est trop lourd, inutile. Je n'ai pas besoin de ça. Crissement de craie, le prof reprend son exposé. Très vite, les discussions et les rires bêtes résonnent à nouveau dans la salle. Je regarde la boulette de papier entre mes mains. Finalement, tout le monde s'en fiche. Tout le monde se fiche que je sois la meilleure ou pas. Je n'ai pas besoin de me faire du mal comme ça. Je me mets à pleurer. Ca fait du bien. Très vite, les étudiants, le prof, l'amphi, tout se trouble , se mélange, puis disparaît. Ma conscience également.

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Publié dans Déborah

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A
Pareil, mes rêves, c'est souvent le foutoir (pour ce dont je m'en souviens...) Mais j'adore chercher à leur trouver un sens, malgré eux :P
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A
Désolé, je lis au bureau, donc je suis ptête pas super concentré, j'ai sans doute pas assez pris le temps de réfléchir >_< Pis j'ai pas l'habitude des rêves qui ont un sens ^^' Moi mes rêves c'est toujours du grand n'importe quoi ! Ceci dit c'est clair que c'est plus logique ainsi :)
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A
Ben je trouve que si, pour ma part, et j'avais bien compris qu'elle rêvait dès le début. Je suis fan de l'eau qui innonde Déborah, de ses problèmes face à son envie d'excellence et à son stress. Ouais, ça serait dingue qu'elle change, qu'elle se laisse un peu aller (même si ça me parait utopique, enfin j'ai du mal à imaginer quoi !)Hehe par contre le titre me fait attendre avec impatience le "rêve deuxième" :D
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A
Mince, on dirait que je n'ai pas réussi à me faire comprendre.... zut ! ^^En fait, elle rêve du début à la fin ( d'où les cours en plein moi de juillet ). Et puis t'inquiètes pas, elle va pas mourrir. Ca va déjà mieux à la fin du fragment tu trouves pas ?
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A
Eh beh... c'est marrant que ça commence par un rêve au vu du fragment précédent !En tout cas Déb devrait pas tant s'en faire :/ Elle est un peu le symbole d'un des maux de notre époque, le stress, l'élitisme, toussa... Elle devrait juste faire ce dont elle a envie, sans se soucier du reste, sans se prendre la tête si ça ne marche pas facilement, parce que là elle va mourir, avec ce stress... d'ailleurs elle s'est évanouie, à la fin ? '_'Par contre ce qui me surprend c'est qu'elle ait des cours en plein juillet '_' Je connais pas assez bien le système de la fac pour savoir ça on dirait...   
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