Le rassemblement
Dijon
Julian
De : JulianA : Jed, Lola, L'Efta, Alexandre
Date : 05 octobre 2007 15:25
Objet : Rassemblement
Salut à vous quatre. Eh ouais, c'est le dingue qui vous parle, et comme d'habitude, il a un truc de dingue à vous dire. Mais je m'en fous, je m'en fous que vous me preniez pour un cinglé, j'ai décidé d'assumer ce « délire » jusqu'au bout.
Il y a deux jours je suis entré en contact avec Nathan qui est à Dakar, et il m'a dit qu'on devait se voir, vous et moi. Alors voilà, je vous invite à venir au Dionysos lundi 8 septembre au soir, genre vers 21h, a priori on devrait y être assez tranquille. Ceux qui ne veulent pas venir n'y sont pas obligés, ceux qui ne peuvent pas non plus. C'est juste que... Je ne sais pas trop comment vous dire ça. Parfois ça m'emmerde de m'être lancé là-dedans parce que je n'y crois plus, je préfèrerais qu'on soit un petit groupe d'écrivains, je sais pas, des gens réunis autour d'une passion commune, mais a-t-on seulement une passion commune ? Alors on pourrait peut-être former un groupe de gens qui n'ont rien en commun ?
Je suis perdu, autant que vous sans doute. Plus j'écris ce mail et plus j'ai l'impression de m'être perdu dans les délires hallucinogènes de Nathan, les fantasmes d'un drogué. Et dans ces moments là je voudrais tout arrêter, je voudrais qu'il n'y aie jamais eu cette boîte, ce briquet, ce colis, cette histoire de Constellés. Mais les rêves étaient là depuis le début. Je suis sûr que vous en faisiez aussi, et que vous en faites encore. Des rêves auxquels on voudrait trouver un sens.
Revoilà le fameux « trouver un sens à notre existence ». C'est mon trip ça, hein. J'ai besoin de croire qu'on a un destin pour me maintenir debout, parce que si rien n'avait de sens dans ma vie, je pourrais pas le supporter. Or rien n'a de sens. Alors il faut en inventer.
Si vous me comprenez, aidez-moi. Nos vies resteront les mêmes, rien ne changera pour autant. Vous continuerez à voir vos amis, votre famille, la personne que vous aimez, vous continuerez à aller travailler, comme avant. Mais au fond de vous, il y aura un petit plus, ce sentiment de ne jamais être seul. Encore une fois je ne force personne.
A lundi soir, pour ceux qui sont intéressés.
Julian
J'envoie le mail sans même le relire. Lullaby à côté de moi sert une bière au vieux Jack. Je sors dehors pour me griller une clope.
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