« Cher connard,

Publié le par Altaïr

Londres
Julian
 
julian1.jpgCe matin je me suis levé plus tôt que Jed et je prends le petit-déjeuner en compagnie de sa soeur. Ariane ne m'adresse pas la parole. Jamais. Tout juste un regard froid et irrité par ma présence. Je lui réponds par un sourire innocent. Granny entre dans la cuisine et nous embrasse, s'inquiète de mon appétit, demande où est Jed.
« He's still sleeping, je réponds. »
Ariane plisse les yeux derrière le Times et me dévisage consciencieusement. Je fais mine de ne rien remarquer et promène maladroitement mon regard dans la pièce. Cette situation est un brin gênante.
 
Arrivé à l'hôtel, je demande à l'accueil si notre chambre est encore prise, et on me répond que non. Un mot m'a été laissé, au cas où je reviendrais. Je le déplie et commence à le lire.
 
« Cher connard,
 
je ne sais pas ce qui t'a pris de partir comme ça, j'ai du mal à comprendre ton attitude, Mike a trouvé ça vraiment salaud de ta part et je suis de son avis. Nous avons décidé de partir de Londres, comme je l'avais initialement prévu, mais sans toi. On passera sans doute par Cardiff, Birmingham, Sheffield, Liverpool, Manchester, Edimbourg, Glasgow, et puis peut-être Belfast. Qui sait si on ira pas jusqu'à Dublin, tant qu'à faire. Ce qui est génial avec Mike, c'est qu'il a une voiture, ce qui est plus agréable pour voyager que le train, n'est-ce pas. J'ai laissé tes affaires à la loge de l'hôtel, au cas où tu passerais par là. Pour ma part, tu peux crever dans la rue, je n'en ai rien à foutre. 
 
Laetitia. »
 
Je froisse le mot en souriant. Ma main tremble de colère mais mon coeur est apaisé, car je pense à Jed endormi en cet instant dans le lit chez ses grands-parents, je pense à la courbure de son dos et de ses fesses, je pense à son corps-miroir qui reflète ce que je suis, et cette image écrase le souvenir amer de Laetitia. On me rend mes affaires, un sac rempli de vêtement pliés à la va-vite le soir où j'ai quitté Dijon sur un coup de tête, sans prévenir qui que ce soit.
Me voilà livré à moi-même, sans l'argent de Laetitia, ou plutôt l'argent de M. Mizri, son père, le cher propriétaire de cet appartement que je louais avec Lilian à Dijon. Je revois le petit homme à moustache et au corps maigre et la baie vitrée donnant sur la baie de Naples. Un soupir énorme m'envahit.
 
Je rentre à Hillway. Granny prépare à manger in the kitchen pour le déjeuner. Ariane est sortie et Jed bouquine dans sa chambre. Je le rejoins, m'allonge sur lui et lui mordille le cou. Il abandonne son livre et sourit. Je lui dit que je suis allé chercher mes affaires à l'hôtel, je lui parle de Laetitia. Et je lui raconte cet été à Rome en sa compagnie, après que j'ai quitté Justin, puis comment elle m'a abandonné au profit d'Andréa, comment je suis rentré à Dijon. Et puis son retour alors même que j'envisageais de partir, sa proposition. Comment nous nous sommes retrouvés ici, et puis Mike, et comment j'ai décidé de l'abandonner à mon tour. Jed me serre contre lui. Je lui dis qu'il faudrait que je trouve un job au plus vite, que je ne pourrai pas profiter de la situation indéfiniment, bien que j'ignore comment m'y prendre. La dernière fois, ça m'avait semblé si facile, d'aller voir Louis et de lui demander de m'embaucher. La chance ne me sourira pas deux fois, et cela m'angoisse. Je ne veux pas être dépendant des autres comme je l'ai toujours été avec mon père. Je veux vivre par mes propres moyens. Après tout j'ai été serveur pendant six mois dans un bar, ça me fait un peu d'expérience, non ?
Jed caresse mes cheveux. Granny nous appelle pour manger. Nous descendons la rejoindre dans la cuisine.
 
 
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Publié dans Julian

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B
Joan !!!!!! Putain, Joan !!!! Il est où, hein ????? !!!(ouais, ok, s'il est plus heureux comme ça...)
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A
Non, c'est pas Pedro :@
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A
Ah oui tiens à propos de la petite voix, j'ai complètement oublié de dire dans le com précédent que j'avais adoré le "amen" à la fin du premier paragraphe ! Génial !Ce frag très chouette aussi, mais c'est un peu effrayant de voir comme il a oublié son éphémère amant de Venise... (C'est pas Pedro, je le sais, c'eeeest... mmh..... arrrgh me rappelle paaaaaaaaas >_
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S
J'adore. Mais surtout surtout surtout surtout le titre.. En passant, bienvenue à Andromède.
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*
Voici le premier fragment que je lis. Intéressant, prenant. J'aime ta manière d'écrire, énormément dans le ressenti. Des phrases courtes qui en disent long. Je repasserai, je prendrai le temps, car là j'atterris sans bien comprendre, rien qu'un aperçu, je voulais juste voir, et je reviendrai.
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