Cuisine à ménager

Publié le par Aldébaran

Chenôve
Jed
 
jed.jpgJe suis avec Vincent, à la maison. Ariane est au lycée. Les parents, je ne sais où, encore. Comme Vincent ne sait pas se débrouiller seul, je lui fais à manger. Je croyais qu’à quatorze ans on savait déjà subvenir à ses besoins. Il faut croire que non. Mais bon, je l’aime bien quand même mon petit Vincent.
Je ne lui laisse pas le choix du repas, et puis quoi encore ! Déjà qu’il n’aime presque rien… Donc ça sera salade en entrée, ravioles et fraises pour le dessert. Je crois que Vincent aime tout ça. Je n’ai pas pris le temps de lui demander, il est devant la Playstation.
Forcément, à peine ai-je commencé à cuisiner qu’il me traîne dans les pattes. « Qu’est-ce qu’on mange ? » « Pourquoi c’est pas maman qui fait à manger ? » « Ça va encore être dégueulasse… » Merci Vincent. Je t’aime moi aussi.
Je tente de faire un bon repas et celui-ci me précise que de toute façon il n’aimera pas. Vive la fraternité. Ariane, où es-tu ? Peut-être aimera-t-il si c’est toi qui cuisines ? Enfin bon je demande à Vincent de faire la sauce de la salade pendant que je sépare les ravioles. Suivre les pointillés. C’est simple. J’ai toujours aimé le prédécoupé. Le simple.
Vincent ne compte en aucun cas faire la sauce.
Merci.
Moi aussi je t’aime.
On se met à table. Vincent ne veut surtout pas un pied de table entre les siens. Eh bien, vas-y tu as de la chance, aujourd’hui tu as la place. Choisis ! Mange dehors, même si ça te chante. Le plus loin de moi possible, je sais.
La salade est délicieuse. Cette amertume qui pique et rehausse le goût. Mes papilles aiment. Puis les ravioles. Fondantes. Toujours trop peu nombreuses. Surtout que Vincent a vidé le plat de trois quarts avant que je ne daigne me servir.
Merci.
Moi aussi je t’aime.
Et enfin. Saveur suprême. Les fraises. Acidité de début d’été, une pointe sucrée. Je me damnerais pour un kilo. Trop cher de toute façon. Les faire entrer dans ma bouche, n’en ressort qu’une petite étoile verte et desséchée. Et puis ces petits brins qui parsèment le rouge de blond. Strawberry. Cette paille déjà sèche qui gratte mon palais, qui glisse sur ma langue.
Déjà Vincent n’est plus. Je suis tout entier à mon plaisir.
D’ailleurs, j’ouvre les yeux et Vincent n’est plus. Son côté de la table dévasté. Hiroshima, mon amour. Je mets les assiettes dans le lave-vaisselle. J’appelle Vincent. Juste pour voir. Il est revenu à sa Playsation. Il ne compte pas redescendre. Je passe un coup d’éponge sur la table.
Et un repas de plus.
Je retourne à mes révisions.
 
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Publié dans Jed

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A
Ah ! Bien ! On élargit doucement le champ de vie de Jed, les personnages de son entourages se dessinent peu à peu... On devrait présenter le petit frère de Julian à ce Vincent ! <br /> Continue, tu es sans doute le plus assidu d'entre nous, et ça paiera !
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