Le Temps des Imprécations

Publié le par Altaïr

Paris
Julian

Je m’installe sur le tabouret du bar et pose un bras sur le comptoir. Tout, dans mon attitude, est travaillé au millimètre près, de la mimique alléchante sur mon visage à l’écartement précis de mes jambes. Relooké par Gautier, je me glisse parfaitement dans le décor d’une boîte de nuit branchée parisienne. [Gautier, pourquoi as-tu ris ?] Rythmes telluriques alentour, flashs et fumigènes multicolores. Je commande un verre de vodka à la serveuse de l’autre fois. Celle qui me dit de me méfier des hommes et de leur nature volage. Elle m’adresse un regard pincé, après avoir désigné Gautier sur le dance-floor, se déhanchant contre un autre. [Elle ne sait pas, elle, d’où vient le danger… Oh, Gautier, pourquoi as-t-il fallu que tu ries ?] Je me prépare déjà à commander un autre verre de vodka. Ma dernière visite chez mon grand-père m’a apporté une intéressante rémunération et, à présent, je change l’argent en alcool. Petit retour en arrière.

Je rentre de chez Papy Robert, ses billets entre mes doigts dégoûtés par le contact de la vieillesse. Gautier est dans son appartement, allongé sur le lit, mon cahier entre ses doigts. Il lève la tête, lentement, et rit.

« Un dieu ? dit-il d’un air moqueur, tu te fais pas chier toi ! »

Et il rit. Je me fige sur le seuil, moi, le dieu démasqué. Et mon cœur de marbre blessé transpire de mépris pour toi, homme risible qui ne peut pas comprendre. Je t’écraserai du haut de ma toute puissance divine, par les pouvoirs que me confèrent mon ascendance et mon sang. Et tu subiras la honte d’avoir osé me trahir, à jamais.

Je regarde le DJ, derrière ses platines. Son visage de dieu entre deux flashs blancs m’apparaît comme un phantasme, une vision. D’un geste négligent, il replace son casque sur ses oreilles. L’espace d’un instant, il braque ses yeux sur moi. L’espace d’un instant, nos regardent s’interpénètrent, se fondent et se mélangent. Il est presque minuit, le temps des imprécations.
 
Et tu subiras la honte d’avoir osé me trahir, à jamais.

 
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Publié dans Julian

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B
oui dis-nous, pour moi le latin c'est trop loin!!
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A
Alors?? Vas y ! Envoie la définition de Mr Google !
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E
J ai trouve ! Yes merci a Google de m'avoir aide... (bon j ai fait du latin j aurai pu un peu reflechir seul quand meme)
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E
Alors la ... va falloir m expliquer ce terme... J ai un peu de mal avec les mots de plus de trois syllabes...
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A
Pardon, j'avais pas vu ton com Epi ! Et dans la famille, voici le cousin de "suppute", j'ai nommé "subodore" ! Celui là aussi il m'éclate !
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