La Cité aux Cent Clochers
Dijon
Julian
Je passe devant mon petit palais de la gourmandise et y pénètre sans hésiter. Parfum de pâtisserie entêtant, et les magiciens de la farine me saluent d’un air enjoué. Je prendrai une tarte tatin. Oui, ce sera tout. Merci. Au revoir. Et le goût sucré et profond de ce délice fondant entre ma langue et mon palais, petit trésor gustatif. Je passe à monoprix pour acheter de quoi remplir un peu mon frigo, mais mon budget commence à être limité. C’est dur, de vivre loin de toi papa. Je sais ce que tu diras, je le sais si bien, mais non, je ne sais pas vers quoi me mènent ces foutues études de littérature, et je ne veux pas travailler, je ne veux pas passer mon permis, je ne veux pas aller chez le banquier. Je ne saurai pas affronter le Papier, je n’y suis pas encore préparé. Et le Miroir qui se rebelle contre moi. Deux ennemis trop puissants pour un seul homme, pour un homme seul. Petit texto de Nalvenn. Il paraît que je suis rentré, Nathan le lui a dit. Elle aimerait me voir. Demain lui conviendrait parfaitement. Je confirme. Comme c’est bon de te revoir, ma belle Dijon, capitale des Ducs de Bourgogne, et tes toits si particuliers, tes ruelles anciennes, ton caractère noble et médiéval, et tes cent clochers dressés en érection vers le ciel. J’arpenterai tes rues pendant des heures, explorant tes moindres passages. Comme tu sembles petite, en comparaison de ta grande sœur ! Tu me manques déjà tant, Gautier… En rentrant dans mon temple du sommeil, je dépose les courses sur le bureau sans prendre le temps de les ranger. A côté, la petite boîte de Nathan attend patiemment de révéler son secret.
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