Dans nos Bulles

Publié le par Altaïr

Dijon
Julian
 
Je sors une poêle et y verse de l’huile, puis la pose sur le gaz. L’huile s’étale sous l’effet de la chaleur. Je la fais tourner pour recouvrir toute la surface de la poêle. Ca chauffe. Avec le couteau, je découpe l’ail sur la planche de travail réduite par le manque de place de l’appartement, puis le jette dans la poêle en compagnie de quelques lardons à peine sortis de leur petite barquette de plastique. Dans la casserole voisine, je déverse une poignée de gros sel dans l’eau. De petites bulles commencent à apparaître au fond. Il est temps de jeter les pâtes en pâture à l’eau bouillante. Pendant ce temps, l’ail et les lardons commencent à dorer. L’huile fait éclater de petites bulles à leur pourtour. Je les fait revenir encore un peu, tout en remuant l’eau des pâtes pour la ramener à ébullition. Finalement, tout est question de bulles.
Dans ma bulle… Je me remémore une de ces chansons que Gautier écoutait, encore une chanson de Diam’s. Y a plus de love dans les rues de ma bulle. Y a pas plus de love chez moi non plus tu sais, petite Diam’s. Ta bulle, dont tu parles si bien, si justement, n’est pas jolie à voir. Mais nous avons tous notre bulle, tous notre petit monde de conscience déployé autour de notre être, avec son alarmante finitude et l’impossible communication avec les autres bulles. Chacun dans sa bulle. Des millions, des milliards de bulles jetées au vent, emportées par les mêmes courants, mais seules, désespérément seules. Vertige des illusions humaines. On croit que l’on se comprend les uns les autres, mais il n’en est rien. Les bulles ne peuvent pas se comprendre, car dès qu’elles se touchent, elles disparaissent. Alors, pour ne pas se sentir seules, les bulles se font croire qu’elles s’aiment, qu’elles se comprennent. Parce qu’elles parlent la même langue, elles peuvent s’imaginer qu’elles parlent des mêmes choses. Il n’en est rien. Croyez-vous réellement que je vous parle de lardons et d’ails, de pâtes et de sel ?
Combien de bouteilles auras-tu jeté à la mer, Sting ? Combien de SOS sur les flots alanguis ? Et quel effroi de découvrir, échoués sur les rivages, ces milliards de bouteilles, jetées par désespoir. On se sent seul, mais nous ne le sommes pas. Pourquoi rester prisonniers de nos bulles, de ces petits univers clos qui nous enchâssent et nous séparent des autres ? Que toutes les bulles éclatent, dans une symphonie de -pop- assourdissante et silencieuse. Libérons nous…
Je relève la tête et regarde par la fenêtre. Ce temps d’Août toujours si maussade. Et dire que c’est l’été. Je repense aux bulles. Merde, mes lardons vont cramer.
 
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Publié dans Julian

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B
heyyyyy sois un peu plus poli, s'il te plaît, non mais c'est vrai ça, bordel de merde!!!!
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A
Saloperie ! Lol
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B
humour, mon cher Altarinounet, humour... lol j'ai rien contre elle, je la connais pas....bon j'avoue que je me passe de la connaître... lol
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B
mais qu'ont-ils tous avec Diam's???
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A
Il n'y a que moi qui en parle, Betel... du moins à travers les fragments... Et sans doute parce qu'il y a un cri de vérité dans ce personnage.
E
Moi je ne peux qu 'adherer... Diams !  on trouve toujours une part de verite..surtout quand elle parle de sa france a elle ! Ca fait plaisir !
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A
Hehe, tu avais lu Petit Banlieusard?