Baiser Embrasé

Publié le par Altaïr

Dijon
Julian
 
Un fantôme. Je ne suis plus qu’une ombre errante dans le froid des ruelles sous ce ciel gris d’automne. Chaque pression de mes pieds sur les pavés est douloureux. Ca ne peut pas être lisse et plat, non, il faut que ça soit bossu et accidenté, ces pavés à la con qui ne sont là que pour ralentir mon chemin. Pourquoi, pourquoi faites-vous cela ? Je n’ai pas de chemin ; j’ignore où je vais. Mon avenir est un tas de ratures superposées. A moins que ce ne soit mon passé. L’homme sans passé, ni présent, ni avenir. Est-ce que j’aurais vaincu le temps ? Je me sens comme libéré de son angoisse… A moins que ce ne soit sa présence, plus sensible que jamais, à même ma peau, qui le rende quasi indolore. Plus lourd aussi. J’aurais simplement voulu que –
Non. Non. Non. Ca ne peut pas être… C’est impossible…

Je suis arrivé place François Rude. Il y a la fontaine, avec ce jeune homme de bronze sur son socle de pierre qui déverse des jets d’eau dans le bassin. Le carrousel, les pigeons, les cafés, les terrasses, les gens… et Laura. Laura qui court à moi, manquant de tomber en heurtant une chaise, qui s’élance pour me rejoindre. Elle va se jeter dans mes bras, je la vois qui arrive, mon oiseau de feu attiré par mon corps-cage. Déjà mon cœur s’est embrasé, il n’y a plus de nuage, plus de froid, plus d’automne. Tu es mon étincelle, Laura, jette toi dans mes bras.
Mais non. Tu ralentis à peine arrivée devant moi. Qu’est-ce qui te bloque, qu’est-ce qui te gêne ? Pourquoi ne te jettes tu pas dans mes bras ? Je sens bien que tu en as envie, je le vois dans ton corps tout entier, tes gestes saccadés, tes yeux pétillants. Ton visage si joli, plein de malice, ma petite créature infernale. Ta bouche aux lèvres relevées, et ces trois grains de beauté sous ta lèvre inférieure, mes trois grains d’épice… Je lance un regard derrière toi, à ce gamin qui t’attends à la terrasse du Moulin à Vent, et qui me jauge au loin de ses yeux plissés. Est-ce que c’est ton petit ami ? Mon cœur se serre comme sous la pression d’un étau de métal. Non, ce n’est que ton petit frère. Je soupire doucement. L’étau me libère.
« Alors, qu’est-ce que fais là ?
- On buvait un café… je suis à Dijon ce week-end. »
Un sourire est accroché à ma figure, impossible de le décoller. Il est là, plein de vrai, il s’étale de ma bouche fendue qui découvre mes dents aux canines carnassières, jusqu’à mes joues rosies par l’émotion. Dans ma cage thoracique, mon cœur donne son plus grand concert, devant une foule en délire, la foule sentimentale de tous mes sentiments.
« Je peux peut-être dormir chez toi ce soir ?… »
Je ne parviens pas à réprimer ma joie. Bien sûr que tu peux ma Laura, mon embrasée. Que ne donnerais-je pas pour passer une nuit dans tes bras, et t’embrasser… Malgré tout ce que tu m’as fait endurer, malgré toutes ces larmes de feu que tu as fait couler sur mes joues, et celles que j’ai fait couler sur les tiennes, des torrents de lave qui ont sculpté la candeur sur nos visages d’albâtre. Malgré tes départs sans un mot, tes trahisons… Nous étions jeunes, nous nous blessions, de notre amour-tison. Je te voulais mienne toute entière, tu ne savais pas où tu en étais. Désormais je ne serai plus une cage pour toi, mon hirondelle, je te laisserai voleter en moi quand tu voudras. J’ai grandi Laura, et toi aussi j’en suis certain…

Toi aussi tu as grandi il le faut tu le sais désormais il le faut que tu es mon hirondelle mon oiseau aux plumes de feu et que j’ai besoin de toi toujours tout le temps entre mes bras barreaux pour t’enclore en mon cœur et ne plus te laisser t’échapper cette fois je te veux à moi mon amour à moi ne pars pas ne pars plus je ne te laisserai pas t’enfuir

Elle dépose sur ma jour un baiser. Le contact de ses lèvres sur ma peau m'embrase. C'est une déflagration dans mon coeur incendié. Puis elle retourne s'asseoir auprès de son frère. A ce soir, ma Laura...
Je veux savourer ton corps pour un ébat encore…
 
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Publié dans Julian

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B
Quelle idée d'avoir déjà repris les cours.... loool
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A
Arf, pour ce qui est de tout relire, je crois que je vais plutôt consacrer mon après-midi à l'allemand, aux maths et à la physique, désolé ^^"
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B
au fait, je ne pense pas qu'il y ait de pluriel pour "cross-over" étant donné que c'est de l'anglais!! (sans déc'??!!)
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B
Ben hey, j'ai pas tout lu, alors heureusement que je suis ce que je lis!!! ;-)
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S
Vi c'est un très très beau fragment!Bravo Altaïr!
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A
Merci Saranouchette ! Dis vois c'est la première fois que tu me commentes petite Comète ? Merci !!!