Où l'on s'assoit sur sa fierté

Publié le par Bételgeuse

Dijon
Sylvia

Où es-tu ? Mais où es-tu ?! Les larmes qui coulent sur mes joues sont ma supplication. Aide-moi. A mettre de l'ordre dans tout ça, à dormir, aide-moi! J'ai remonté la trace de ton mystère, Azulor, apporte-moi à nouveau un morceau de soleil assez chaud et lumineux pour faire le point, et enfin trouver le repos. Allonge-moi sur ton fauteuil de Morphée, enveloppe de tes mains mon corps tremblant, apporte la sérénité à mon esprit vagabond.
Le noeud dans mon ventre refuse de partir, angoisse de veille de rentrée. Plus il s'installe, plus je ressasse, et inversement ; et il pleut sur mon visage au fur et à mesure de ma prise de conscience. Ce n'était pas toi le lâche. C'était moi, qui refusais d'admettre ma faiblesse et ma dépendance, à l'alcool, à la douleur, à la tranquillité de ton regard-glacier. Etait-ce un hasard, ce jour où tu es venu me demander du sucre, était-ce vraiment un hasard? Ou était-il simplement temps que nous nous rencontrions, que la pâleur de mes traits affronte la bienveillance de tes yeux brumeux ? Tu étais là à mon retour de vacances, mon retour de première expérience du sang humain. Tu étais là alors que je replongeais dans les affres de mon psychisme et de la maladie.
Et tu m'as abandonnée. Comme tout le monde. Comme tous les hommes de ma vie, tu m'as laissée seule, sur le bord de l'autoroute de la vie, sais-tu quelle est l'espérance de vie d'un piéton sur une autoroute ? Ma mémoire défaillante n'oubliera jamais la haine que j'ai eu pour toi, ange tombé du ciel et reparti aussitôt. Alors l'Angoisse est revenue, comme aux premiers jours, lancinante, épaisse, incontrôlable. Tu es plus malin que moi. Je me suis affaiblie volontairement mais inconsciemment, pour t'attraper à nouveau, petit papillon bleu et or. Mais tu n'as pas cru au piège. Tu as attendu que je n'en puisse plus, que l'enveloppe de terre cuite de ma fierté se craquèle à force de coups, pour me libérer enfin de ce carcan. Voici venu ce jour que tu attendais, j'admet avec réticence que tu as gagné. Pour cette fois.
Caresse mes larmes de tes lèvres, caresse mon monde du bout des doigts. Enferme-moi dans un cocon de musique classique, emmène-moi courir dans les champs, fais-moi oublier ma peur, ma colère, ma douleur. Je te raconterai, si tu me le demandes. Il te faudra du temps, des stratagèmes pour percer ma coquille, mais force-moi, et tu sauras. Et peut-être, avec le temps, apprendré-je spécialement pour toi à prononcer l'un des mots les plus difficiles à penser : Merci.

Publicité

Publié dans Sylvia

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Ui, très beau fragment je crois, très lucide, très intéressant... elle ouvre les yeux encore emperlés d'illusion pour redécouvrir ce monde qu'elle croyait connaître... peut-être que maintenant qu'elle le voit elle va parvenir à garder les yeux ouverts, et à aller de l'avant !
Répondre
B
C'est tout ce qu'on peut lui souhaiter....trouver le déclic qui l'aidera!! (ohoh mystère, mais quel est ce déclic??lol)
P
marquant...<br /> merc, c'est juste ce que j'avais besoin en ce moment pour aller mieux!! mais bon je ne t'en veux pas tant c'est beau!
Répondre
B
arf, désolée si je te déprime, Procyounet!! lol (à moins que tu ne sois pas ironique, et que tu aimes aller mal.....si c'est le cas, excuse-moi d'avoir pris ce com bêtement au second degré!!)
A
Je ne peux que me ressentir responsable de ta douleur, Bet-Bet, mais tu sais comme moi qu'elle était nécessaire. Il était temps qu'il arrive, ce frag où Sylvia-Corps laisse un peu de place à Sylvia-Coeur ! (pour ceux qui croient que je parle une langue qu'ils ignorent, cf le Petit Dico du Nuage d'Encre, récemment mis à jour ;D). Il te faut maintenant apprendre à lier les trois Rameaux du Moi de ton personnage pour le rendre plus véritable (n'ayez pas peur, les Etoiles, votre tour viendra aussi où je vous ferai ce genre de discours barbare... quand vous aurez comme Betoune une soixantaine de fragments !). En attendant, c'est pas mal niveau "bilan", même si ça reste flou. C'est à cause de la personnalité de Sylvia, je présume? J'apprécie cependant la récurrence d'Azulor, du sucre, du sang. On a ENFIN la sensation de cohérence par rapport au passé, mais il va falloir désormais l'exploiter d'avantage, afin que l'ensemble de tes frags forment un tout : l'existence de Sylvia. Au boulot.
Répondre
B
je m'y remet, Alti, je m'y remet......et continue donc à me faire souffrir, c'est pour la bonne cause et j'en ai besoin...
A
Ma belle betelgeuse... Depuis le temps que je te dis que tu as du talent. Ce ragment en est une preuve vivante, consciente, pensante et déchirante. C'est tout simplement magnifique de justesse et de malaise. Je tenais simplement à te le dire. C'est beau. bisous pauvre petite chose...
Répondre
B
Je t'aiiiiimmmmmmeeeeee Aldééééééééééé!!!! lolMais c'est méchant de faire un com juste pour me faire pleurer....
M
Bah Bétoune t'étais pas couchée à 2h46 du mat' ?!Enfin j'voulais te dire que je sais pas à quel point l'écriture de ce frag a été douloureuse, mais n'empèche qu'il est super...Plein de sentiments, de malaises...J'aime :)
Répondre
B
Eh non, la Bétoune est un animal nocturne!! ;-)Merci, Min'...