Perception du temps
Saint Avertin
Léopold
Je pénètre pour la deuxième fois en moins de cinq minutes dans la cuisine. Je n’aime pas le temps libre en période scolaire ; c’est toujours insuffisant. On cherche ces instants où l’on pourra enfin faire ce que l’on veut qui n’a pas de rapport avec les devoirs, on les attend avec impatience, et quand ils arrivent on se rend compte qu’ils sont trop courts pour y réaliser ce que l’on désirait. Résultat, on ne fait rien de vraiment important, on dépense son temps comme on peut en de menues activités, rien de vraiment productif.La journée du dimanche passe quasiment toujours de la même façon pour moi. La seule chose qui change un tant soit peu est le fait que mon père m’appelle ou non à manger avec lui. Autrement, le matin, je me lève à 9h. La matinée est assez longue, mais je trouve aisément à m’occuper, sur internet notamment, et puis un petit peu avec le travail. Puis je mange. Le début d’après-midi est infini, à 14h je croirais qu’il est 18h. Je n’y fais pas grand-chose, il m’arrive même de regarder la télévision. A partir de 16h, tout s’emballe, je trouve enfin des choses à faire, et quand j’ai l’impression qu’une demi-heure s’est écoulée, le dîner est presque là. Après avoir mangé, le temps s’écoule à nouveau assez rapidement, sans doute parce qu’alors je suis fatigué. Le soir arrive sans que je le voie, et je ne vais pas me coucher trop tard pour ne pas être trop fatigué le lendemain.
Je suis dans la phase longue. Il est 14h13, et j’ai l’impression d’avoir quitté mon père des années auparavant. Rien ne se passe, je vais sans but réel d’une pièce à l’autre, pour me rendre compte une fois arrivé là où je le souhaitais que je n’ai rien à y faire. Pour la dixième fois, je saisis mes listes de verbes anglais et allemands et les relis, bien que les connaissant déjà par cœur.
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