La fin... un nouveau départ

Publié le par Spica

 

New York

Camille

camille-essai-2.jpgJe n’aime pas qui je suis devenue, cette fille un peu trop blanche, un peu trop mince et un peu trop conne. Je ne me sens plus comme celle que j’étais, et je ne veux pas revenir en arrière. C’est trop tard. Dans mes rêves de petite fille, je rêvais d’une vie d’aventurière, parcourant la jungle. Chaque fois que mes yeux se fermaient, je quittais la banlieue parisienne pour découvrir des contrées inconnues, me faire enlever par ce mystérieux aventurier. Je rêvais et je ne vivais que par ces rêves. Chaque fois que j’ouvre les yeux l’existence devient trop amère. New York est ce qui se rapproche le plus de la jungle. Mon but était d’y vivre un jour. Ca s’est fait et la déception m’envahit. Le mal de vivre reprend ses droits et moi je n’ai plus le droit de vivre.
Je fais couler l’eau de mon bain, une eau tiède que je parfume avec ma bouteille de Gauthier2. De toute façon, je n’en aurai bientôt plus besoin alors pourquoi gâcher. Je laisse le bain se remplir et en profite pour laisser un mot. C’est bien ce que l’on doit faire dans ce cas. Justifier sa mort alors que personne ne justifie son existence. Mais, répondre à la question Pourquoi. Dans un épisode de Dawson’s Creek, juste après la mort de Jane (épisode ou j’ai pleuré pendant deux bonnes heures), le contraire de la vie, ce n’est pas la mort. Le contraire de la mort, c’est la naissance. La vie n’a pas de contraire et pas d’équivalent. Je n’ai pas justifié ma naissance et pourtant je justifierai ma mort. J’hésite… M’ouvrir les veines ou les somnifères. Je choisis et prends un couteau dans la cuisine. L’eau du bain est délicieuse. Je me trouve belle nue, avec mes seins lourds et ma taille mince. Je m’installe dans mon cercueil, dans mon lit de mort. L’eau sera mon linceul. Une eau parfumée, Gauthier tu étais mon préféré. Le sang s’écoule de mes veines et je ne cesse de penser à mon cours de physique sur la mécanique des fluides. C’est stupide mais ça illustre bien ce cours. Il faut que j’arrête de penser a ça, je suis en train de mourir, je devrais voir ma vie défiler devant mes yeux. Je devrais voir le tunnel, la lumière. Merde tout ça c’était de conneries. Je ne vois que mon professeur de Prepa, chauve comme un caillou, qui me regarde de ses yeux bleus perçants comme si j’avais dit la plus grosse bêtise du siècle. Mais je connais la leçon monsieur. Je jure que je sais. Mes parents apparaissent enfin. Mon frère. Je t’aime petit frère. Fais attention à toi. François, excuse moi, tu vas devoir te marier avec quelqu’un d’autre. Tu vas adorer New York. Et tous ces hommes que j’ai connu, Marc, Elyas, Thibault, et Caro … Ma belle tu vas me manquer. Je suis fatiguée. L’eau est rouge. Je baigne dans mon sang. Le mal sort de moi. Je me sens mieux. Je me sens légère pourtant je ne bouge pas. J’ai froid. J’aurai du prendre un bain plus chaud. Que de regrets….

 

« Je n’étais pas faite pour ça. Maintenant, je le sais. La prochaine vie, le prochain monde… une autre fois… mais pas moi, pas ici, pas maintenant. Au revoir. Je vous aime et vous comprendrez. La vie, la mort… J’ai fait mon choix ».

 

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Publié dans [Camille]

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A
Tu penses à quelles phrases Bet en particulier?
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B
il y aurait des polémiques à faire sur ce texte.....quelques phrases gâchent un peu le reste, je trouve...et puis merde, quelle conne, quelle lâche de se suicider pour ça!!!bon, mais sinon, ben oui, c'est triste, on aimait tous Camille.....
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A
Si, voilà, c'est justement ce que je me disais. Et si je parlais de la manière de faire, c'est parce qu'autant je peux la voir faire cela sur un coup de tête, comme cela lui est arrivé avec d'autres choses, autant de manière aussi calme et réfléchie, ça me paraît être quelqu'un d'autre qu'elle.
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A
C'est un peu mon avis aussi, je suis d'accord avec Alsciau, mais bon. Après tout, pour des gens extérieurs, un suicide est toujours surprenant je suppose, dans le sens où on ne s'y attend pas, où "je n'aurais jamais qu'il/elle ferait ça, tout allait bien dans sa vie". En cela, ce fragment controversé pourrait être réaliste. Mais en tant que lecteurs de son existence, nous qui sommes censé pénétrer à même le corps, le coeur et l'âme de Camille, sommes nous réellement "extérieur" à elle? N'aurions nous pas dû être préparés à sa mort? Une fois encore, Spica joue avec la polémique.
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A
Weuh... j'avoue que je m'attendais pas vraiment à ce que Camille se suicide... Et pas tellement de cette manière surtout, ça fait trop calme et réfléchi pour elle, pour ce que je connais d'elle... le texte en lui-même est bien écrit (si ce n'est le passage du couteau dans le poignet, qui fait tout de même extrêmement mal en principe), mais je trouve qu'il ne colle pas vraiment à Camille...
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