Tout s'effondre dans un océan de brumes
Dijon
Julian
Mes yeux s’ouvrent lentement. Il y a un deuxième souffle dans mon lit, dans mon appartement refroidi. Un souffle qui n’est pas le mien mais celui d’un autre être, un alter ego. C’est une jolie fille brune un peu sauvage, qui commence à émerger de son sommeil en gesticulant. Que s’est-il passé ? Retour en arrière.
Je suis en cours, et mon visage s’enfonce de plus en plus dans la paume de ma main. Mes yeux se ferment, le réel s’écroule autour de moi, ravalé par la bouche du sommeil. Soudain je vois mon portable s’allumer dans ma trousse. C’est un texto de Lola.
Je me lève sans la réveiller. Elle a le temps, il est encore tôt. Je jette un regard à travers les volets vénitiens et contemple l’étendue d’une nappe de brume répandue dans le ciel bas et cotonneux. Que s’est-il passé ensuite ?
Le prof conclut hâtivement, comme s’il avait hâte de rentrer chez lui, lui aussi. C’est le dernier cours de la journée et, comme prévu, Lola passe me chercher devant mon amphi. La nuit tombe vite, et nous arpentons les rues glaciales de Dijon. Il a encore fait beau aujourd’hui, j’espère que ça durera. Tu veux passer chez moi Lola ?
Le café coule trop noir, comme d’habitude. Je regarde le café, cette petite mer exhalant des relents amers entre les parois du bol. Je regarde le café et j’y vois une esquisse de mon reflet. J’y vois l’ombre de mes ténèbres. C’est la Nausée. Elle a quitté le livre pour s’accrocher à moi comme un symbiote qui me vampirise. Elle est là, tout près, elle ne demande qu’à ressurgir, par tous les interstices que je n’ai pas réussi à combler. Je me raccroche à Lola comme à une bouée dans l’océan de ma noirceur enfouie. Que s’est-il passé, enfin ?
Nous voilà chez moi. Nous ne parlons pas. Nos manteaux s’entreposent sur le siège face à mon bureau, l’un sur l’autre, et, sur le lit, c’est moi qui m’allonge sur Lola. Le froid nous incite à nous coller l’un à l’autre, et elle me murmure à l’oreille que ses parents ne l’attendront pas ce soir. Nous basculons. C’est elle qui se retrouve sur moi désormais. Je ne suis plus que néant, je ne demande qu’à me vider plus encore de ces démons qui m’habitent, par d’autres démons encore, plus perfides et sournois les uns que les autres. Est-ce cela, l’enfer ? La nuit commence…
Lola s’est réveillée. Nous petit-déjeunons en silence dans le calme matinal avant d’aller en cours. Scène anodine et pourtant infernale. J’ai cru à tort qu’il me serait facile d’être heureux, de ne plus voir ce mal en moi. Un peu de vent dans les yeux, une jolie jeune fille, les paupières se closent et effacent la vérité. Maintenant, la vérité se densifie. Elle est toujours là, en moi, elle grandit à travers Ca, sous cette forme illusoire, comme un feu qui me consume. Mais il n’y a pas d’amour. L’amour est un mirage. Il n’y a rien, hormis mes brumeuses ténèbres, ce gouffre sans fond qui s’ouvre pour mieux engloutir mon âme.
Je suis en cours, et mon visage s’enfonce de plus en plus dans la paume de ma main. Mes yeux se ferment, le réel s’écroule autour de moi, ravalé par la bouche du sommeil. Soudain je vois mon portable s’allumer dans ma trousse. C’est un texto de Lola.
Je me lève sans la réveiller. Elle a le temps, il est encore tôt. Je jette un regard à travers les volets vénitiens et contemple l’étendue d’une nappe de brume répandue dans le ciel bas et cotonneux. Que s’est-il passé ensuite ?
Le prof conclut hâtivement, comme s’il avait hâte de rentrer chez lui, lui aussi. C’est le dernier cours de la journée et, comme prévu, Lola passe me chercher devant mon amphi. La nuit tombe vite, et nous arpentons les rues glaciales de Dijon. Il a encore fait beau aujourd’hui, j’espère que ça durera. Tu veux passer chez moi Lola ?
Le café coule trop noir, comme d’habitude. Je regarde le café, cette petite mer exhalant des relents amers entre les parois du bol. Je regarde le café et j’y vois une esquisse de mon reflet. J’y vois l’ombre de mes ténèbres. C’est la Nausée. Elle a quitté le livre pour s’accrocher à moi comme un symbiote qui me vampirise. Elle est là, tout près, elle ne demande qu’à ressurgir, par tous les interstices que je n’ai pas réussi à combler. Je me raccroche à Lola comme à une bouée dans l’océan de ma noirceur enfouie. Que s’est-il passé, enfin ?
Nous voilà chez moi. Nous ne parlons pas. Nos manteaux s’entreposent sur le siège face à mon bureau, l’un sur l’autre, et, sur le lit, c’est moi qui m’allonge sur Lola. Le froid nous incite à nous coller l’un à l’autre, et elle me murmure à l’oreille que ses parents ne l’attendront pas ce soir. Nous basculons. C’est elle qui se retrouve sur moi désormais. Je ne suis plus que néant, je ne demande qu’à me vider plus encore de ces démons qui m’habitent, par d’autres démons encore, plus perfides et sournois les uns que les autres. Est-ce cela, l’enfer ? La nuit commence…
Lola s’est réveillée. Nous petit-déjeunons en silence dans le calme matinal avant d’aller en cours. Scène anodine et pourtant infernale. J’ai cru à tort qu’il me serait facile d’être heureux, de ne plus voir ce mal en moi. Un peu de vent dans les yeux, une jolie jeune fille, les paupières se closent et effacent la vérité. Maintenant, la vérité se densifie. Elle est toujours là, en moi, elle grandit à travers Ca, sous cette forme illusoire, comme un feu qui me consume. Mais il n’y a pas d’amour. L’amour est un mirage. Il n’y a rien, hormis mes brumeuses ténèbres, ce gouffre sans fond qui s’ouvre pour mieux engloutir mon âme.
Mon Cœur m’a trahi.
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