Le poids d'un colibri

Publié le par Altaïr

Dijon

Julian

Tout s’effondre. La maladie est là, dans la chair, à même la peau. J’avais peur que ce ne soit un cauchemar. Mais non. Anubis, c’est cela le cauchemar. La maladie est là, bien réelle. Maintenant il faudra vivre avec elle jusqu’à la fin. Serons nous assez fort pour la supporter ? Combien ça pèse, le destin ? La main de Lola resserre son étreinte dans la mienne.


Je me réveille le ventre serré. C’est aujourd’hui que tout se joue. Ce soir, je rentrerai à l’appartement avec le poids de la vérité ; combien ça pèse, la vie ? Et la mort ? Combien pèse la maladie ? J’avale mon café. Trop noir, comme toujours.


Les lèvres de Lola tout contre les miennes. Je suis le plus heureux des hommes. Mon cœur s’emballe au contact du sien. Combien pèse l’amour ? Aussi lourd que l’embrasement dans ma poitrine, et la douleur de se sentir heureux, enfin.


La rue Nicolas Berthot est interminable. Combien mesure le chemin qui nous mène jusqu’à la fin ? Combien mesure la vérité ?


Nous inspirons à deux. Sur le pallier de la maison. Une bouffée d’air dans nos poitrines alourdies. Sa main dans la mienne. Mon cœur bat si fort qu’il me fait mal. Combien pèse le bonheur ? Combien pèse la douleur ? Papa et Maman doivent savoir, maintenant.


L’infirmière vient me chercher. Le tempo dans ma poitrine gagne en intensité et s’enfle jusqu’aux proportions de ce couloir, de ces murs. Tout est peur et vérité. Combien pèse la peur ? Je ne respire plus. Lola me regarde en retenant son souffle.


Nous venons d’arriver dans la salle d’attente. Je suis content que Lola soit venue. « N’y va jamais seul. » Désormais je ne suis plus seul. Combien pèse la solitude ? Les affiches nous regardent avec cruauté. Je ne suis plus seul. Lola me protège.


Vibration contre ma cuisse. C’est un texto de Lola.
« Je vais t’accompagner Julian. Je ne te laisserai pas y aller seul. »


La vérité a éclaté. Nos corps se collent l’un à l’autre. Les souffles se libèrent et les larmes s’échappent de nos yeux, recouvrent nos visages. Le feu et l’eau se mêlent. Nos langues se retrouvent. Enfin, mon amour.


Maman a le visage grave. Peut-être n’est-ce pas le moment de lui annoncer la nouvelle... Florian est là aussi, la tête dissimulée entre ses mains. On me dit que Lilian est chez son « amie ». Quand se décidera-t-on a me dire comment elle s’appelle ?
« Ton père a eu les résultats de ses examens Julian. C’est très grave. Il a une tumeur au cerveau. »


Lola et moi sortons du centre de dépistage en riant et en pleurant. La joie nous enveloppe et nous noie en son sein. Je suis sain. Je ne suis pas malade. Et je t’aime Lola. Reprenons notre histoire, écrivons là à deux. Je veux te présenter à mes parents. Viens, ça ne peut plus attendre. Je veux vivre avec toi pour toujours. Ils seront ravis de te connaître.


Combien pèsent ces instants éclatés, ces fragments de vie jetés à la volée ?

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Publié dans Julian

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A
J'suis comme Déneb, et ça m'étonne qu'il y ait pas eu plus de réactions de ce genre... je l'ai trouvé vraiment génial ce fragment, tout parfait, tout dans l'ordre, tout comme il faut, vraiment, vraiment bien... il pourrait presque se suffir à lui-même, comme une nouvelle bourrée d'émotions, à craquer, haletant, rythmé juste comme il faut, bref... ben à peu près parfait...  
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A
Je ne peux dire qu'une chose : merci. Tout commentaire supplémentaire serait superflu. :)
D
oh là là qu'il est beau ce fragment ! j'en avais les larmes aux yeux. <br /> Très bien pensé, écrit, ressenti.
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A
Merci Déneb :) J'étais vraiment pas sûr de moi en l'écrivant.
H
ahh il est tres bien ce frag.... vraiment, j'ai aimé le côté flashback mêlé au present fin bref bien:-)
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A
Merci Hugo :)
B
bouh Alti !!!!! moi j'ai décidé d'aller à tous mes cours cette semaine!!!! (enfin presque, faut pas déconner....lol)
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B
me revoilou, je devais me lever à 7h, mais c'est loupé.... j'adore cette famile, tout le monde sait que je dois me lever tôt, tout le monde voit que je n'y arrive pas, et personne n'a l'idée de venir me verser un seau d'eau froide sur la tête !!! vive la solidarité, merci beaucoup...... grrrrrr
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A
Et pour ma part je n'ai pas réussi à aller en cours ce matin :S Oui, oui, je sais, pas bien...