Ses petits pots pour Bébé tu assumeras
Dijon
Lola
Francis Ponge a dit qu’il fallait « regarder toute chose, même la plus ordinaire, comme si elle était le firmament. »Ce que je peux aimer ces cours, ces citations, et tous ces auteurs tous aussi enrichissants les uns que les autres. C’est surement grâce à eux que j’ai décidé de continuer la fac. J’aurais pu tout arrêter, et me dire qu’avec ma grossesse, les choses seraient bien trop compliquée, mais l’expérience montre que les choses compliquées, c’est mon truc ! Alors je continue les cours, sans en sécher plus que d’habitude, et en bossant tout autant, sinon plus. Avant, la fac était comme un jeu, un amusement, mais aujourd’hui j’ai un vrai but : je veux avoir cette année, et pousser jusqu’à ma licence pour pouvoir avoir la chance d’offrir un bel avenir à ma fille. Je ne veux pas être comme toutes ces jeunes mères qui se reposent sur leurs propres parents, et ne prennent pas une seule seconde en compte l’ampleur des responsabilités que demande un enfant. Je veux que ma fille sache qui est sa maman, et qui est sa mamie. Je veux pouvoir être fière d’assumer chaque petit pot de bouillie qu’elle avalera. Ok, un petit pot de bouillie c’est rien, mais c’est pour le symbole en fait, je veux plus tard pouvoir dire à ma petite chérie que même si Maman a galéré, bah elle s’est toujours débrouillée toute seule pour subvenir à ses besoins.
D’ailleurs Kokhavah doit déjà le savoir, je lui parle tout le temps ! Il parait que de nombreuses études ont été faites là-dessus, et que même s’ils ne comprennent pas tout, c’est très bénéfique pour les petits fœtus d’entendre la voix de leur mère, ou de la musique. Alors je lui parle, le matin au réveil, et puis le soir quand je m’endors. Et je lui fais écouter de la musique aussi, rien que du bon rock pour ses petites oreilles déjà expertes ! C’est bizarre cette sensation, cette impression que quoi que je fasse, je ne serai plus jamais seule. Je l’aurai Elle. Je me lèverai pour Elle, je travaillerai pour Elle, et je me battrai pour Elle, chaque seconde de ma vie. Parfois, même si j’essaye d’être forte devant Papa, Maman, et les filles, je pense encore beaucoup à Julian. Mais comment faire autrement, alors que je porte un petit morceau de lui en moi ?
Même si Kokhavah est la plus belle aventure qui ne m’ait jamais été donnée de vivre, elle sera aussi un eternel petit poignard en mon cœur, pour me rappeler que je n’ai pas su retenir Julian auprès de nous. Je me doute même qu’à l’adolescence, elle me le fera payer, quand elle n’aura de cesse de me demander où est son père et que je serai sans doute incapable de lui répondre…
Bien sur, j’ai encore le temps de vivre tout ça. De bien nombreux moments de bonheur que Julian ne verra malheureusement pas. Mais après tout malheureusement pour qui ? Pour Kokhavah qui devra vivre avec l’absence d’un père… mais Julian lui ne semble pas se préoccuper de tout ça, il n’a même pas répondu à mon dernier message. Mais qu’est ce que je croyais en lui envoyant ça ? Qu’il allait réagir et revenir près de nous ? Probablement. Mais je dois admettre qu’à présent, Julian a sa vie, et nous n’en faisons plus partie. Et puis finalement tant mieux, je ne crois pas que la perspective de le croiser sur la fac m’aurait aidé à m’y rendre.
Je me sens forte pour l’assumer cette petite fille, même seule. Je me sens forte grâce à Elle, et pour Elle.
Même si Kokhavah est la plus belle aventure qui ne m’ait jamais été donnée de vivre, elle sera aussi un eternel petit poignard en mon cœur, pour me rappeler que je n’ai pas su retenir Julian auprès de nous. Je me doute même qu’à l’adolescence, elle me le fera payer, quand elle n’aura de cesse de me demander où est son père et que je serai sans doute incapable de lui répondre…
Bien sur, j’ai encore le temps de vivre tout ça. De bien nombreux moments de bonheur que Julian ne verra malheureusement pas. Mais après tout malheureusement pour qui ? Pour Kokhavah qui devra vivre avec l’absence d’un père… mais Julian lui ne semble pas se préoccuper de tout ça, il n’a même pas répondu à mon dernier message. Mais qu’est ce que je croyais en lui envoyant ça ? Qu’il allait réagir et revenir près de nous ? Probablement. Mais je dois admettre qu’à présent, Julian a sa vie, et nous n’en faisons plus partie. Et puis finalement tant mieux, je ne crois pas que la perspective de le croiser sur la fac m’aurait aidé à m’y rendre.
Je me sens forte pour l’assumer cette petite fille, même seule. Je me sens forte grâce à Elle, et pour Elle.
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