Le vide qui résonne
Dijon
Lola
C’est le petit bip de l’électrocardiogramme qui me sort doucement de ma torpeur. Mes yeux tentent de distingue, malgré la buée qui les encombre, ce qu’il y a autour de moi. Maman est là, tout près de moi, elle me tient la main. Mes esprits me reviennent peu à peu. Les contractions, le sang sur mes draps, notre arrivée à la Clinique Saint-Lucas en quatrième vitesse… Et puis le vide. Comme si des bruits sourds pouvaient résonner au fond de mon ventre. La faim, ou peut-être autre chose. Maman se penche doucement au-dessus de moi.
« Coucou mon p’tit cœur. Comment tu te sens ?
- Bof, comme passée au rouleau compresseur en fait …
- C’est normal Chérie, mais tu verras, ça ira mieux après quelques jours de repos.
- J’ai dormi longtemps ?
- Le temps qu’il a fallu pour te remettre… de tout ça. »
Je serre les dents. Pas de douleur non… ou en tous cas d’une douleur invisible.
« Chérie on va devoir partir, Papa et moi. On n’a pas réussi à obtenir d’autorisation pour prendre notre journée au travail, donc il faut qu’on y retourne vite.
- Maman, me laisse pas, je veux pas rester toute seule…
- Je sais mon Cœur, mais tout va bien, j’ai eu Zoé au téléphone, elle vient avec Clara. »
C’est à cet instant que la porte s’ouvre et qu’une grosse peluche blanche et rose y apparait.
« Bonjour, c’est le room-service ! »
Clara brandit le plus énorme paquet de bonbons que je n’ai jamais vu de ma vie ! Maman nous regarde en coin, comme trois enfants pris la main dans le sac.
« Allez, je n’ai rien vu, on s’en va mon Cœur, repose toi bien. On repassera ce soir. »
Les filles viennent doucement s’assoir près de moi, et restent quelques secondes silencieuses. Elles paraissent gênées, comme si elles ne savaient pas comment réagir devant tout ça.
« Si vous êtes venues pour rendre l’air encore plus glauque c’était pas la peine hein ! » leur dis-je en souriant.
« Désolée, c’est qu’on sait pas trop … quoi dire.
- Bah commence par me donner le paquet de bonbons alors ! »
Elles sourient, et se mettent à l’aise. Elles me racontent comment se passent leurs révisions, comment vont Anne-Ka et Gwen… Mais je sens bien que Zoé est préoccupée.
Elles sourient, et se mettent à l’aise. Elles me racontent comment se passent leurs révisions, comment vont Anne-Ka et Gwen… Mais je sens bien que Zoé est préoccupée.
« Qu’est-ce qu’il y a Zoé, tu crois que je la connais pas, ta tête de fouine inquiète ?! » dis-je en rigolant.
« Lola, tu vas pas être contente…
- Quoi ?
- Tu sais, quand ta maman nous a appelées en disant que tu partais à l’hôpital…
- Oui …
- Lola je savais pas ce qui se passerait, je savais pas si ça irait pour toi et Kokhavah, si vous étiez en danger…
- Lola je savais pas ce qui se passerait, je savais pas si ça irait pour toi et Kokhavah, si vous étiez en danger…
- Bon Zoé, sans vouloir faire de vieilles blagues : accouche.
- J’ai appelé Julian… »
Soudain la tête recommence à me tourner. Je sens le chaud de mes joues se mêler aux sueurs froides de mon front.
- J’ai appelé Julian… »
Soudain la tête recommence à me tourner. Je sens le chaud de mes joues se mêler aux sueurs froides de mon front.
« Zoé, je t’avais dit que Julian ne voulait plus de tout ça. Que JE ne voulais plus de tout ça. Il a sa vie, et j’ai la mienne. A quoi ça sert maintenant tu peux me le dire ? A quoi ça sert de l’avoir mit au courant de tout ça quand on voit où on en est ?
- Je savais pas moi Lola, je savais pas ce qui se passerait …
- Personne savait Zoé, pas même moi. Je pense pas que ça intéresse Julian tu sais.
- Personne savait Zoé, pas même moi. Je pense pas que ça intéresse Julian tu sais.
- Lola, il a le droit de savoir lui aussi. »
Je glisse mes mains sur mon ventre, par-dessus les draps.
Sa rondeur me rassure, elle m’apaise. J’ai eu tellement peur.
« Ca sera une battante, heureusement qu’elle était bien accrochée… »
Je glisse mes mains sur mon ventre, par-dessus les draps.
Sa rondeur me rassure, elle m’apaise. J’ai eu tellement peur.
« Ca sera une battante, heureusement qu’elle était bien accrochée… »
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