J'écorcherais tes lèvres, je grifferais ton visage, pour t'empêcher de sourire

Publié le par Bételgeuse

Dijon
Sylvia

sylvia_essai.jpgLe soleil pénètre entre mes deux paupières, qui battent un peu, s'ouvrent à moitié puis se referment. Près de moi, quelqu'un repose une tasse sur la table. J'ouvre les yeux à nouveau et laisse son image entrer ; peut-être que lorsque je les fermerai, elle y restera ?
« Tu veux du café ? »
Machinalement, je passe la main sur mon visage, jusque dans mes cheveux. Puis hoche la tête en souriant. « Tu avais l'air si paisible, je n'ai pas voulu te réveiller. Je comptais rentrer mais... » Elle hausse les épaules, verse le liquide fumant dans une tasse.
« Sucre ?
- Non. Merci »
Je trempe mes lèvres et me brûle. L'atmosphère entière de mon appartement a changé radicalement. L'angoisse qui me tordait les boyaux s'est enfuie, remplacée par un parfum de printemps calme et léger, malgré les nuages qui volent par la fenêtre. Encore une journée qui commence... Et merde !
Je me lève, un peu brutalement à en croire le regard interloqué de Lulla, me précipite à la cuisine. Si je reste contre l'évier, elle ne verra rien. J'attrape la boîte, défait mes cachets, les fait couler avec une gorgée d'eau.
Retour dans la salle. « J'avais euh... oublié ma pilule. » Et là je peux deviner, derrière ses lèvres rondes, des mots qui se bousculent : je te crois peut-être, Sylvia, mais je ne te crois peut-être pas, et je m'en fous, ne te justifie pas d'être ce que tu es.
Et l'atmosphère douce comme un nuage devient sirupeuse et collante, une main qui enserre mon coeur et mes poumons ; et je ne comprends plus très bien pourquoi cette fille que je connais à peine n'est pas partie pour me laisser dormir après m'avoir raccompagné chez moi. Son sourire que je trouvais charmant devient insupportable de gentillesse gratuite et de pitié. Ecorche-moi, poignarde-moi, mais ne reste pas là innocemment. Dis-moi un mot, un seul mot de trop, laisse la colère m'emporter et te claquer la porte au nez. Ce serait tellement plus facile.
« Euh... je... j'ai pas mal de trucs à faire...
- Ok, j'y vais. Salut.
- Salut. »
Je me recule un peu. Je ne veux pas de ses lèvres si douces sur ma peau. Elle me sourit une dernière fois, et part sans se retourner.
Allô Sylvia ? C'est Francis. Je... J'aimerais te parler. C'est très important, rappelle-moi.

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Publié dans Sylvia

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A
Oui!!! Il est cool ce fragment, on sent la vie qui s'insinue peu à peu en Sylvia. Une journée de plus, youpi! Moi je dis que je suis sûr de ce que va dire Francis, nananèreuh!!
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A
Lulla pourra-t-elle remplacer Romain (qui a disparu, semble-t-il) et apaiser le métal qui bouillonne en Sylvia? On espère... parce qu'on l'aime bien, cette balafrée...<br /> (je souligne le fait que j'ai bcp apprécié qu'il se passe quelque chose dans ce fragment, et que ça ne soit pas comme toujours une sempiternelle introspection immatérielle... :D Bravo !)
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A
Toujours aussi dur, pour Sylvia, d'être elle-même :/ De ne plus vraiment en savoir ce qu'elle veut, ce qu'elle aime, ce dont elle a besoin... et ue voudrais dire que tout va s'arranger, mais j'ai peur que ce ne soit pas le cas...
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