Le garçon, le livre et le Destin

Publié le par Altaïr

Dijon
Julian
 
julian1.jpgIci il fait nuit en permanence. Les gens viennent présenter le fruit de leur travail. Le plus attendu, c'est ce type avec sa Machine. Il y a des affiches de lui un peu partout, parfois il y a un requin. Cette fois il est venu avec son fils. Je suis destiné à aimer son fils. Mais le père n'aime pas le Destin. Il y a aussi cette femme qui fait passer un livre de main en main. Tout le monde en lit un chapitre quand il a le temps. C'est son invention à elle. Je marche dans la boue, enveloppé par cette nuit perpétuelle. Je suis le fil du livre entre mes mains, tout en traversant une vaste étendue de plantes grasses géantes, qui font un bruit de sucions quand on marche dessus. C'est marécageux ici. Et je m'embourbe dans ma lecture autant que dans mon amour. Comme si les deux étaient liés. Le garçon est arrivé avec son père et je l'aime déjà éperdumment. Je ne saisis pas son visage. Chapitre suivant. Tout s'organise comme un édifice géant. Tout est entrelacé. Ce qui a eu lieu, ce qui a lieu, ce qui aura lieu. Les personnages évoluent dans ce réseau tragique. Il y a un enfant. Tout ce qui se déroule devait avoir lieu, et tous le savent depuis le commencement. Il n'y a pas de hasard. Je vais embrasser le garçon et je le sais, son père me pourchassera avec sa machine et cherchera à me tuer, alors il me faudra fuir, fuir, fuir, quand bien même j'ai ces pouvoirs en moi, car je sais que lui est plus puissant que moi et la peur – boum boum, boum boum – glace mon sang qui s'agite. Vite courir, se cacher. Il va tuer tout le monde par ma faute. Tant pis. Un baiser en valait la peine. Je me souviens ce matin encore le garçon et moi marchions tous les deux côte à côté et nous discutions, c'était agréable, je me sentais bien. Monsieur, j'aime votre fils, mais vous me faites souffrir, vous êtes un océan. Pourquoi ? Il n'y a pas de pourquoi. Il n'y a que des parce que. C'est le Destin. Je vais commencer le dernier chapitre. Vite. Lire pour comprendre, les dernières pages illumineront le reste. A mesure que je lis, je vois le garçon qui se rapproche, son sourire. Je vais l'embrasser, le toucher et l'aimer pour l'éternité. Mais, qu'est-ce qui bourdonne ? Merde, mon téléphone vibre. Je le sors de ma poche. Non, ce n'est pas celui-là. Peut-être le tiens ?
Réalité. Mon téléphone vibre sur la table de chevet. Je l'allume et tente de prendre une voix parfaitement réveillée.
« Allô ?
- Votre seigneurie, c'est Louis à l'appareil, tu as déjà deux heures de retard et si je ne te vois pas ici dans un quart d'heure je demande à Lullaby de prendre ta place tous les soirs pendant que tu seras en plonge. A tout de suite. »
Je raccroche. Et je réalise ce qui vient de se passer. Connard ! Connard ! CONNARD !
A cause de toi je ne connaîtrai jamais le dernier chapitre du livre, je ne toucherai jamais le garçon ! A moins que tu n'essayes de te rendormir ?
Non, non seulement je n'y arriverai pas, mais en plus il est peu probable que le même rêve recommence.
Et pourquoi pas ? Repense à Anubis : le rêve se poursuivait nuit après nuit...
Oui, mais là je suis en retard. Le Destin peut attendre.
Peut-être pas.
 
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Publié dans Julian

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A
Super texte. Un peu perturbé par le rêve, moi assi suis perdu lol. Va vite travailler merde!!!
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A
Oui oui, il y va, il y va, lol ^^'
B
Bon...... J'ai rien compris au rêve..... Enfin si, un peu, quand même..... Faites qu'il revienne !!!!!"Le Destin peut attendre.Peut-être pas."Mention TB (M ?) !!
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B
Merci (et roh, quel humour...) !
A
Mh... quel rêve étrange... en verra-t-on la suite ? Il est un peu inquiétant je trouve... et Julian devient violent avec lui-même, dis donc... et enfin, Louis est quand même pas mal tolérant !
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A
Rêve étrange oui, moi aussi j'aimerais bien en voir la suite...