Dakar en octobre

Publié le par Bételgeuse

Dakar
Sylvia

sylvia_essai.jpg Mon corps baigné de chaleur a humidifé les draps, que je sens glisser le long de ma jambe. Il fait encore nuit, mais déjà une atmosphère lourde s'est emparée de la minuscule chambre. Derrière la porte entr'ouverte, deux voix toujours inconnues. Les premiers mots que j'entends distinctement sont ceux de l'homme qu'on appelle Charly.
« T'es sûr, gamin ?
- Encore plus que pour les autres. Je l'ai vu, Charly, j'ai vu la marque ! Celle qui s'imprègne de sang au contact d'une étoile !
- Combien ?
- Sept. Le sablier.
- Hum. »
Ouhla, j'ai mal à la tête, et je délire totalement, j'entends des phrases qui n'ont pas de sens. Mes yeux se referment lentement, lentement mes paupières se closent dans mon cocon trempé.
« Tout ce que je dis, c'est que c'est pas joli-joli comme méthode, Nath'. »
Merde. C'est quoi ce délire ? Dors, Sylvia, dors, me murmure la goutte de sueur qui parcourt mon front avant de rouler contre ma tempe. La lumière tourne autour de moi ; et le sommeil me tend ses bras si confortables après ce long voyage. Je me blottis contre l'oreiller.
Il y a un aigle. Et puis il y a un renard, un serpent, un corbeau. Ils me regardent, et je brûle à l'intérieur. Le sable en éclats de verre me blesse les pieds, et je ne le sens même plus. Ils me fixent, et je sais que le moment du combat arrivera bientôt.
Un bruit de métal qui heurte le sol. Plongée en apnée à la surface. Le soleil tape à travers les rideaux ; je brûle. Comprendre. Avant tout, une douche. Je ne les entends plus parler dans le patio, ils doivent être sortis. J'en profite pour choper un des cigarillos du vieux, et le fume installée sur le bord de la baignoire. Je pense que c'est le plus jeune qui m'a couchée, presque nue. Merde, j'espère au moins que je me le suis fait ! Même sans m'en souvenir, ça me ferait plaisir. Je suis en culotte face au miroir, le tabac qui se consume en forme phallique dans ma bouche. Sur mon sein gauche, le sang a imprégné mes grains de beauté en une forme plus nette que jamais.
Le sablier.

 
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Publié dans Sylvia

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A
c'est beau. J'comprend rien mais c'est beau. lol
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B
Boaf, je préfère avoir le lyrisme léger de la Plume que la lucidité froide du Scalpel :p
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A
Mff c'est du romantisme ça, c'est la Plume qui parle, mais la lucidité du Scalpel n'en croit pas un mot ;)
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B
Jamais on ne pourra s'imprégner d'une ville par des informations autres que sensorielles.... (ouais c'est beau, hein ? non mais c'est vrai...)
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A
Et alors ? Tu peux te renseigner, internet aide beaucoup ! Un petit coup de wikipédia et hop, c'est comme si tu y étais ^^'
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