Ambiance Amniotique

Publié le par Altaïr

Dijon
Julian
 
Cela fait presque soixante-douze heures que je n’ai pas bougé. Je ne peux pas bouger. Paralysé, englué, scotché sur mon lit, prisonnier de ma couette. Dehors il règne une chaleur suffocante. Un été de plus qui commence ; impressions rouges.
Flaque de sang. Corps.
Couteau. Furie.
Je ne peux pas bouger. Les images sont imprimées là, devant mes yeux. Elles défilent, immobiles, devant mon regard pétrifié. Mes membres ankylosés. Jill, pourquoi es-tu partie ? Retrouver ceux qui ont fait ça, les trouver et les tuer. Et te voilà Furie, rageuse vengeresse aux larmes noires de sang, et moi je suis quoi ? C’est dingue. Tout ça est dingue. Je ne peux pas y croire. Je pense à Maman, à Papa, Lilian, Florian, la petite Léa, et Elodie. Leur petite vie de famille, leur occidental way of life. Elodie, chez elle, pliant les serviettes dans les verres pour préparer la table, rigoureuse et appliquée. Peut-elle se douter un instant que dans les rues de Dijon, en ce moment même, rode une implacable chasseresse ? Le soupçonne-t-elle ne serait-ce qu’un instant ?! J’ai vu le sang, moi, je l’ai vu de mes yeux, et il a sali mon regard. Je ne peux pas l’enlever, je n’ai pas d’essuie-glaces. Tout ce sang bruni qui me souille, boue écarlate.
Flaque de sang. Corps.
Couteau. Furie.
Je suis dans une bulle, une materne amniotique. Mon temple est devenu un ventre placentaire. Je ne bouge pas. Je ne peux pas bouger. Seuls mes poumons se gonflent légèrement. L’air est lourd, mais est-ce bien de l’air ?… Nous sommes bien loin de la douche, maintenant. Mon corps respire l’odeur de la sueur et des larmes séchées. De l’alcool aussi, et du vomi. Je ne me suis ni changé ni lavé. J’empeste. Mes cheveux sont gras et sales, ils me démangent. Mes joues sont percées de barbe, ça aussi ça gratte. Et il y a cette haleine dans ma bouche, souffle putride.
Je ne peux pas bouger. Je devrai tout réapprendre, je ne m’en sens pas la force. Plus rien ne sera comme avant désormais.
Flaque de sang. Corps.
Couteau. Furie.
Je ne veux pas bouger.
 
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Publié dans Julian

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I
Désolée, je rectifie et m'excuse platement, je lis toujours très vite et vis à 100 à l'heure surtout en ce moment où tout s'accélère dans ma vie. Et pourtant j'aime la vitesse, ça me "grise"... <br /> Je reviendrai lorsque j'aurai du temps, car je suis une "liseuse" et je pense sincèrement que ton blog me ravira comme d'autres qui n'ont pratiquement que des textes... <br /> Je dis toujours à mon fils de mieux lire la consigne et de ne jamais aller trop vite, et je suis incapable d'appliquer cette méthode.<br /> J'espère que ceci est et ne sera qu'un mauvais malentendu (ou un mauvais "mal-lu", :(<br /> à bientot alors
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I
Je ne viens pas par hasard sur le tien Altaïr et je prends la peine de rien lire... ça me gave déjà et je repars aussitôt ce commentaire déposé.<br /> Mais un post contre un post, c'est de bonne guerre... :P
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L
Wahou, je venais te remercier de ta viste sur mon blog, et je dois donc rectifier, en vous remerciant. Comme chez M & M, ici il y a beaucoup de lecture, Je pose donc une balise et reviendrez avec plus de temps ! Le peu que j'ai pu lire à la lueur des étoiles est passionnant, troublant,
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je prends letrain en marche mais je reviendrai , ce que je viens de lire m a séduit
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J
C'est super interessant... je reviendrais...merci pour ton com...@+ !<br /> Jénova
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