En Manque
Dijon
Julian
Il y a cette fièvre chaude dans mon sang, cette pulsation dans mes veines qui fait vibrer ma peau et propage dans mon corps une pulsion animale incontrôlable. J’ôte la nacre sur mon torse une fois encore, mais je sais que ça reviendra, le désir de recommencer, de m’allonger sur le lit, de me laisser couler dans cet étang de phantasmes spongieux qui s’imprègnent en moi et m’enivrent. Ma main recommencera son travail, les va et vient qu’elle connaît si bien, mieux que toutes ces mains qui ont tenté de le faire à sa place. Je repense à ta bouche, Démon Jouisseur, ta bouche diabolique… Le pouvoir de tes lèvres sur ma…Je ne fais rien de mes journées. Affalé entre le lit et le bureau, à chercher l’inspiration en mâchouillant lascivement mon crayon, le regard envolé par la fenêtre dans l’étendue nuageuse du ciel dijonnais. Rien ne vient, hormis ce désir qui remonte régulièrement en moi. Je suis en manque, j’ai envie de sexe. Envie de concrétiser ces phantasmes qui pullulent dans ma tête, de satisfaire les moindres désirs qui effleurent mon corps. Mais je suis seul dans mon temple du sommeil, sans personne pour m’aider à me débarrasser de ce trop plein de libido, cette lourde et perpétuelle envie sexuelle qui s’est agrippée à moi. Comment fait-on pour pallier un tel manque ? Il paraît que c’est à la mode, les fucking friends. Dans ma bouche, ces mots sonnent bizarrement. Julian Mahogany a le droit d’être en manque, merde ! Que ne donnerais-je pas pour t’avoir contre moi Jill, et toi Gautier, et sentir vos corps s’exciter contre le mien, et déferler en nous la puissance d’une chaleur partagée.
J’entre dans la douche. L’eau glisse sur moi pour ôter la sueur et le sperme collé sur ma peau. T’avoir contre moi Laura, ton corps contre le mien, ta peau qui s’embrase et ta langue avide brisant le rempart de mes lèvres. Comme j’ai envie de rentrer en toi, si fort, de te pénétrer ma Laura… Je sens que ça remonte, ma main connaît le chemin. De l’autre, je m’appuie contre la paroi de la douche. L’eau de la douche glisse sur ma nuque, et au diable les guerres de l’eau, au diable ceux qui ont soif. Laissez moi savourer mon plaisir… Ca vient, ça va venir, ça va gicler hors de moi et je me sentirai mieux. Tu me sens Laura ? Tu me sens bien ? Je relève la tête comme un acteur de cinéma, mes cheveux trempés projetant des gouttes en tout sens. La jouissance s’écoule de mon corps. Repeat.
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