Et si?

Publié le par Bételgeuse

Dijon
Sylvia

Un seul coup d'oeil au dehors, et mon esprit est dévasté. Il fait si gris, si triste. On se croirait soit très tôt, soit en fin de journée, pourtant l'après-midi débute à peine. Les nuages ne sont plus volutes blanches et cotonneuses, mais d'une lourdeur à couper le souffle et le sourire. L'eau-même me déçoit ; alors qu'elle aurait pu prévoir une inondante averse, ou encore un orage terrifiant pour égayer ce ciel grisâtre, elle se contente de pleurer quelques petites gouttes froides et déprimantes, qui ne sont même pas assez nombreuses pour me tremper jusqu'aux os tandis que je descend en ville.
Je n'ai même pas la force de réprimer mes bâillements. Pourquoi ai-je accepté? Rappelle-toi, Sylvia, c'est ton ami, et par conséquent, c'est ton rôle de l'aider quand ça ne va pas. Ouais, ouais. Et si moi j'avais un problème, est-ce que tous ces gens qui se disent mes amis m'aideraient? Je ne pense pas, mais je suis trop gentille, vraiment, il faudra que je fasse quelque chose pour contrer ça. Je n'ai toujours pas capté l'intérêt d'être gentil, mais il faut croire que c'est dans ma nature. Enfin... Ca me fait sortir un peu de ma torpeur éthyllique...
J'avance dans la rue Berbisey, que le mauvais temps a rendue étrangement vide. Pourquoi le ciel est-il si souvent triste en ce mois d'août? Et soudain, il est là, devant moi. Il sort de la rue du Chaignot, que je viens de croiser. Ses cheveux en bataille, et puis sa veste noire un peu usée. Je trottine pour le rattraper et lui pose la main sur l'épaule. « Romain ! »
Il se retourne, et ses yeux sont devenus d'une banalité effrayante, et je ne le reconnais plus dans ses traits, et je bafouille « Euh, désolée, désolée, je...j'ai cru... » L'autre continue son chemin, après un mouvement de tête tout à fait méprisant. J'en étais pourtant si sûre...
Me voilà sur la rue de la Liberté, toujours aux prises avec ce sentiment étrange, comme si je savais que c'était lui, et qu'au moment où je l'ai approché, il a changé pour ne pas que je le reconnaisse, comme un démon, ou un esprit malin. Jérem' est là, il m'attend devant H&M, en fumant sa clope. Je suis en retard, je sais. Ben non, je ne faisais rien de spécial. Oui, ça signifie que je n'ai pas d'excuse, et je t'emmerde. Non, je ne lui dit pas ça, quand même, je suis venue pour être gentille.
Il a à peine fini d'écraser son mégot qu'il s'en rallume une autre ; je profite de son briquet pour m'en prendre une aussi. « On bouge? » J'acquiesce. Un bus arrive, on attend qu'il passe.  
Et dans le bus, un chapeau de feutre, sur des cheveux ébourrifés. Mais déjà nous traversons. Et si j'avais loupé ma chance?
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Publié dans Sylvia

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A
J'aime toujours le style, naturel et agréable à lire, si bien que le texte passe tout seul. Mention spéciale au premier paragraphe qui décrit si bien cette ambiance un peu déprimante de ce temps pas vraiment agréable...
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B
et oui, le ciel ne nous gâte pas en ce moment....(et moi j'en ai marre d'être malade en plein été!!!)
A
Je ne dirai rien. Vous savez ce que j'en pense.
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B
mon cher Altaïr, toujours égal à lui-même!! lol
A
Preum's !
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