Relecture (deuxième étape)

Publié le par Altaïr

Dijon
Julian
 
La chaleur persistante de Septembre a été balayée par l’orage de la veille au soir, et l’air est désormais imprégné d’humidité et de fraîcheur.
Allongé sur le lit aux draps croupis et verdâtres, je regarde le ventilateur au plafond. Un bruit d’eau, suintant des murs, me parvient…
Je m’installe sur un banc du parc Darcy. On est bien, ici. Je ressors mon cahier afin de poursuivre ma relecture. C’est la seule voie qui me reste pour lutter contre le plus grand de tous les Vertiges. L’encre… A travers les méandres de mon écriture, je revois les jours se succéder devant moi.
 
Un texte plutôt noir sur la solitude. A mes lignes se superposent désormais d’autres lignes, une autre écriture qui vient corriger et rectifier mes idées. C’est celle de Nathan. Dès lors, les pages se multiplient, des jets sans fin qui n’aboutissent à rien.
 
Des pages incohérentes (les premières sorties avec Gautier altèrent mon inspiration). Puis une page, une bonne page. Peut-être même la première qui me plaise vraiment. Je décide de donner vie à mon personnage, en m’inspirant de mon moi préadolescent. Il s’appelle Arthur…
 
Au cours des pages suivantes, plutôt mauvaises, je ressens le trouble des sorties avec Gautier. Survient enfin une composition de tout l’univers qui gravitera autour d’Arthur, en m’inspirant de mes premières années de colonies de vacances.
 
Des enfants prisonniers de la jeunesse éternelle dans un paradis couleur de paille… Ma confrontation à la vieillesse de mon grand-père à Paris est-elle à l’origine de mes angoisses face au plus grand des tous les Vertiges ? Je sens que je suis sur la voie…
Une fille passe devant moi, le pas pressé. Frange de cheveux châtains recouvrant des yeux humides bordés de paupières paresseuses. Nez élégamment relevé. Bouche molle et charnue. Pommettes saillantes rosies par la fraîcheur de la brise matinale. Queue de cheval à l’arrière de la tête. Au passage, elle me jette un regard, un regard mélancolique. Dans ses yeux, elle m’annonce la venue de l’automne. Je sens mon corps se raidir à sa vue, et toutes mes pensées se focaliser sur son être. Il faut que je l’interpelle, que je l’arrête, que je lui parle. Il faut que j’interrompe son chemin pour pénétrer sa vie, croiser nos existences. Je sais que c’est le moment ou jamais. Si je ne fais rien maintenant, elle quittera mon chemin pour toujours. Là voilà qui me dépasse, son pas rapide l’éloigne de moi. Mon cœur bat la chamade. Je suis tétanisé sur mon banc, paralysé par ce que je m’apprête à faire. Lève toi Julian, lève toi et crie le, ce « eh, mademoiselle ! » qui est coincé dans ta gorge et ne demande qu’à sortir. Ne peut-elle rien faire tomber, comme dans les films, m’obligeant à courir pour l’aider à tout ramasser ? Les mètres grandissent entre elle et moi, déjà il est trop tard. Bientôt elle va tourner, disparaître de mon champ de vision, et je ne la verrai plus… Plus que quelques secondes… Mon cœur bat toujours aussi fort…
Et voilà. Elle a disparu. Je referme la cahier sans même y penser, et retourne place Grangier, m’enfermer dans ma tour, et ne plus en sortir, écouler le vice et le désir qui grandissent en moi.
 
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Publié dans Julian

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B
ouiiiiii!!! et c'est surtout trop la classe!!!!!!!!!! lol ;)
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A
Mdr mais nooonnn Prociounet, ce sont mes réponses à vos coms ! Les Géants peuvent répondre en Admin à vos coms... hehe. Ca permet de faire des réponses individuelles.<br />  
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P
ok pour faire des efforts ds les coms! et sinon otes moi d'un doute , les lignes en rouge, c'est bien les formules de politesse que tu as chargéess et qui s'affihent instantanément! non?
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A
Ahhh punaise >_< Je déteste cette impression qu'il faut parler à la personne, l'envie de l'interpeller, d'avoir un dialogue, et d'être incapable de le faire... je déteste...Et j'adore cette espèce d'évolution retracée à travers ses écrits, j'adore comment tu le mets en scène et les décris. J'ai vraiment beaucoup aimé ce fragment.
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A
Merci Alsciounet :D La suite au prochain épisode...
H
je cause pas trop la france moi en ce moment ds mes coms. je dois avoir un cerveau qui se met en veille par moment....
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A
A ce propos, ce serait bien que tout le monde fasse des efforts dans les coms, non?