Dans l’'Ombre des Jeunes Filles en Fleurs

Publié le par Altaïr

Dijon
Julian
 
Pluie sur Dijon. La grisaille de l’Automne, la voici qui s’avance, toute de maussade vêtue. Je reste dans mon temple du sommeil, et je ne fais rien, allongé sur mon lit, les yeux rivés au plafond. Je revois ces filles qui passent, ces créatures d’un instant frôlant ma vie chaque jour sans jamais y entrer. A chaque fois, je me dis que ce pourrait être Elle, celle qui partagera mon existence, mais non, après tout je ne la connais même pas, ce pourrait tout aussi bien être celle-ci, ou bien celle-là. Et pourtant, chaque fois les fleurs m’enivrent et me font croire qu’elles sont La fleur, et je me laisse prendre par leur fragrante beauté empoisonnée. Combien de fois me laisserai-je encore happer par leurs charmes subtils, leur apparat de senteur parfumée ? Pour combien de ces arbrisseaux maudits mon cœur battra-t-il encore ? Je me languis de ces plafonds non encore contemplés, voûtant ces appartement qui me sont cachés.
Mauvaises fleurs, méchantes jeunes filles, je veux vous chasser de mes pensées, enchâsser vos regards dressés comme un pistil tout de pollen enrobé dans une urne maudite, et oublier l’enchantement de vos grâces éphémères. Car vous êtes belles durant une seconde, mais à peine vous approcherais-je que vos atours, par moi redessinés et rehaussés de couleurs, se terniraient aussitôt. Vous êtes belles car je vous veux belles, je vous imagine Idéales, des Nymphes fleuries au rire cristallin dansant par monts et forêts et aux abords d’un lac, se donnant la main, formant une farandole de chants et de danses, de jupons aux couleurs captivantes, rouge savoureux et vert tendre. Une envolée de foulards, de tissus translucides, comme des ailes de libellules, accrochés à vos mains et dans vos cheveux. Nul besoin d’opales ni de joyaux, vos yeux sont des bijoux, saphirs et émeraudes incrustés d’or, et vos lèvres de rubis qui me baisent en songe impriment sur ma peau la chaleur de votre amour…
Je vous aime, puissiez-vous toutes êtres miennes, mes jolies fleurs, et garnir mon jardin secret de mille odeurs, formes et couleurs : roses, lys, tulipes, marguerites, iris, camélias, primevères, lilas, pâquerettes, coquelicots, bleuets, orchidées, glaïeuls, campanules, boutons d’or, digitales, violettes, coucous, edelweiss, colchiques, nénuphars, jacinthes, gentianes, jonquilles, lauriers, millepertuis, œillets, narcisses, myosotis, pensées, pervenches, saxifrages, perce-neiges… Je rêve à vos robes diaphanes et fragiles aux pétales diaprés qui tourbillonnent dans ma tête… Dansez, petites fleurs, envolez moi…
 
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Publié dans Julian

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H
il est sympa ton texte, les comparaisons ect, j'aime bien ce genre de trucs^^
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A
Marci Hugo :D
N
Salut Altair! Figure toi que j'ai enfin fini par tout lire! oui oui tous tes textes! lol J'aime beaucoup celui ci, magnifique comparaison!
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A
Eh ben Nina, chapeau, félicitations ! C'est vraiment un gros morceau. A quand le prochain Quizz pour te permettre de prouver les talents de ta mémoire? :-P
B
ben fallait le dire tout de suite!!! rhooooooo
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A
Qu'est-ce qu'elle est pas commode, cette Betoune !
A
Commentaire ci-dessus de moi.
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A
Lol ok. Merci de préciser ;)
S
Weuw... C'est très beau, et très bien écrit, même si ça change de d'habitude et que pour le coup c'est vraiment très très chargé ! Mais pour ma part je trouve ça agréable à lire, les comparaisons dans les comparaisons dans les comparaisons... Et je me retrouve pas mal dans ce personnage...
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A
L'est romantique notre ptit Alsciounet !