Mon arbre généalogique

Publié le par Mintaka

Dijon
Lola
 
19h15. Je sors à peine du boulot, et j’ai exactement quinze minutes pour me préparer, enfiler ma jupette et mes talons, et retrouver mes parents devant le magasin…
Je saute dans ma jupe et manque de filer mon collant, une petite retouche maquillage, et je saute dans la voiture de mon père qui, je le sens, m’en veut d’ores et déjà d’être en retard. Il faut me comprendre, je suis une fille, et me préparer en quinze minutes ce n’est pas dans mes gènes.
Je ferme la portière et je regarde les membres de ma petite famille un par un. Ca me fait toujours autant rire de voir combien ils se déguisent à chaque fois qu’on doit avoir un dîner de famille chez mes grands-parents !
Ma mère a mit cette robe qu’elle déteste et qui la boudine. Quel choix bizarre me direz vous, mais non, ce n’en est pas un du tout ! Cette robe, c’est ma grand-mère qui la lui a offerte, elle n’a donc pas le choix, bien entendu. Je vois rien qu’à la façon dont elle est engoncée sur son siège qu’elle a déjà du mal à respirer.
Mon père, lui, s’est senti obligé de passer son plus beau costard (et seul costard d’ailleurs !), lui qui ne supporte que le tissu délicat du survet’ de son club de foot, et la magnifique cravate que sa mère lui a offerte (en même temps qu’elle a offert la robe à ma maman, oui oui !)
Quant à ma petite sœur Célia, je crois que c’est la seule à prendre son pied. C’est sans doute le seul jour de l’année où elle a le droit de se maquiller et de mettre des talons (mes talons !)
On dirait une vraie petite pouf’. Personnellement, je déteste quand elle est habillée comme ça, et je ne suis pas sûre que ça fasse sensation chez mes grands-parents, mais comme toute ado qui se respecte, elle n’en fait qu’à sa tête.
 
20h00. On arrive enfin chez mes grand-parents et on sonne à l’interphone. Comble du bonheur, c’est la voix nasillarde en pleine mue de mon petit cousin qui répond. Et bien sûr, il refuse de m’ouvrir la porte, à moins que je dise tout fort « pouet pouet quequette ».
La soirée commence foutrement bien dites moi.
Bien évidemment, comme je n’ai pas l’intention de continuer à me les geler sur le trottoir toute la soirée, je m’exécute et je crie « pouet pouet quequette » en plein milieu de la rue, sous l’œil amusé des vieilles qui passent. Ma seule motivation ? Lui coller une trempe une fois que je serais montée !
Bref, après dix étages d’ascenseur coincée entre une grosse bonne femme qui pue la transpiration et une mamie qui me fout des coups de canne, on arrive enfin à l’étage de mes grands-parents. Comme de bien entendu, Super Cousin nous balance des confettis dès qu’on sors de l’ascenseur… Histoire qu’on ai bien compris que ce soir, il nous ferait chier jusqu’au bout, je sens que ça va être d’enfer.
 
On passe la porte de l’appartement, et là, c’est le Japon. Cinq personnes au centimètre carré, agglutinées les unes sur les autres, se tapant dans le dos et se mettant des coups de coude. Des oncles, des tantes, des cousins et des grands cousins par alliance rapportés d’Israël… A vue de nez comme ça, je pense que j’en connais à peine 5% (mes parents et Célia inclus.)
Je passe de main en main, et joue en joue, on m’embrasse, me pince les joues, me serine que je ressemble à mon père, même à mon grand-père…
Eux bizarrement, je ne sais pas pourquoi ils sont là, ils ne ressemblent à personne.
Petit à petit, d’embrassades en embrassades, je parviens à me glisser jusqu’à la cuisine, et je fonce sur la petite boite de métal gris : La Boite à Gâteaux de ma grand-mère.
Finalement, je vais peut-être trouver un attrait à cette soirée, moi !
 
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Publié dans Lola

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C
J'avais pas compris que c'était toi qui écrivais...En tout cas, bravo !J'aime particulièrement ce texte-là, parce que finalement, on est dans le même cas, c'est normal...Seras-tu là pour sauter sur les plats de gâteaux et sur les petits-pains-avec-un-oeuf-au-milieu le 2 novembre ? Je l'espère...Gros bisous,Ta Célest de cousine !
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P
la pauvre, moi j'ai une petite anecdote de la sort aussi sur les mots bizzrard a^prononcer, mais c'est moins drole si il n'y a les gestes qui vont avec!!!
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S
Aaah les grands parents!T'as de la chance de les avoir pas loin!Moi faut que je fase 10000 bornes pour les voir...et encore, on parle meme pas la meme langue!donc c'est pour dire comme c'est simple!Encore un très beau texte!Pour répondre à ta question de tout à l'heure, OUI tes écrits me plaisent toujours autant!!!!!!!!!!!!Oh d'ailleurs, tes grand parents, je les avait croisés à la réunion des bénévoles à la radio il y a 2 semaines...ils étaient en retard les vilains!LoL!!!Gros bisous ma Lola, ztadore!!!! ;-)
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A
Enorme avancée... La branche famille est enfin ébauchée, et si je ne me trompe pas, je peux affirmer que ce que j'ai lu là, c'est du réel au présent... Bien Min, mais tu peux encore travailler le style.
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M
Je vois que tout comme la famille de ma Lola, tout le monde se sent obligé de s'engoncer dans des tenues super inconfortables pour aller faire un bisou à Mamie ?Ok, on en est tous là !
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