Papillon de Nuit

Publié le par Altaïr

Dijon
Julian

 
 
La lumière est éteinte. Silence dans mon temple du sommeil. Je suis étendu sur le lit, dans l’obscurité immobile. Semi cadavre. Mon corps allongé sous le drap et la couette, ma tête déposée sur l’oreiller rebondi, l’oreille chaude cherchant une parcelle de frais contre le tissu rembourré. Plus on cherche le sommeil, plus il tarde à venir. Rejoins moi, Morphée, beau dieu de mes rêves... Je n’ai pas oublié ton visage. Je me tourne et me retourne, change de position sans cesse sans parvenir à trouver la plus confortable. Mon corps tout entier me démange, je suis parcouru par une agitation fébrile. Je n’ai pas sommeil. Et il y a ce bruit au dessus de ma tête, ce ffflllrrr ffflllrrr qui passe dans l’ombre. Le papillon de nuit cherche la sortie. Il se cogne contre le mur, des petits « poc » légers sur la paroi. Je devrais allumer la lumière et lui ouvrir la fenêtre. Mais je ne bouge pas.
J’aime la nuit. Je voudrais être là-bas, sur la piste, déhancher mon corps et obéir au Démon Jouisseur, le DJ Démiurge qui commande le dance-floor. God is a DJ… Mais je ne bouge pas. Je reste là, dans mon lit, immobile. Et je ne fais rien. Emmène moi Gautier… Des papillons de nuit perdus dans le néant de leurs ténèbres profondes, à la recherche d’un phare, d’un îlot de lumière qui les appelle et les guide, ces vaisseaux perdus dans l’océan de la nuit. A la recherche des effluves de l’alcool-lumière. Et toi ma Nalvenn, ma luciole, danse avec moi, ton papillon de nuit…
Je regarde mon appartement endormi. Le cortège des masques infernaux est là, il me regarde et me grimace. C’est une cohorte de démons qui hantent les murs de la pièce pentagonale. Des sourires qui se meuvent au gré de la lune. Une danse endiablée au parfum de souffre.
Ils sont là, je les vois. Ils se répandent sur la paroi, collés par milliers, comme une maladie. Des papillons de nuit qui s’étalent dans l’ombre, des millions, des milliards. Créatures nocturnes en quête de lumière, aux couleurs d’automnes. Envol des feuilles mortes, ballet des réverbères. Attirés par la chaleur, brûlés vifs par le rêve embrasé, consumé ; petites cendres qui volent, ballottées par le vent. Je suis un papillon, un papillon de nuit. Et je ne peux pas dormir.
Laissez moi vous rejoindre, dans l’antre de la nuit, laisser mes ailes s’abriter, entre vos bras aguerris. Faire sécher mon cœur, au son des basses qui résonnent, et te revoir, mon dieu.
Mon corps est lourd sur le matelas, et la couette pèse sur moi. Je me sens minéral. Déjà je sombre, renversé par une vague de la nuit, du sable plein les yeux. Et voilà que je te rejoins, beau dieu, dans le domaine des songes, où tout n’est que possible.

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Publié dans Julian

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B
joli texte, comme toujours......il va le retrouver, son dieu???allez, oui!!! lol
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P
cmt dire, ça faisait lgtp que julian ne s'étais pas -a mon humble avis- senti comme ça, il est descendu du piedestal que la vie lui aporte, pour simplement observer et réver...
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A
Ca fait du bien de changer un peu.
A
Ui, c'est poétique :) Je pense juste que le papillon enfermé dans la chambre aurait pu être un peu plus exploité, tout seul. Vàlà, c'était chouette :)
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A
Merci Alsciounet.
C
vos textes sont très beaux<br /> Je réponds à ton invitation, mais tu peux m'expliquer un peu plus, tu trouveras mon e mail sur ma page..<br /> et puis malheureusement je ne suis plus à l'autre bout du globe, seulement à Bologne, en italie<br />  <br /> Sinon, why not?
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A
Voilà, j'ai répondu par mail. Merci d'être passée !<br /> Pour les Etoiles, qui pourraient se demander à quoi je joue, je précise que je cherche des Potentiels (cf définition sur le Nuage d'Encre). Ca fait partie de mon job de Nova.
Z
Moi je suis toute nouvelle : je découvre... Pour être sincère, j'étais déjà venue une fois, et je m'étais un peu perdue dans ce blog. Cette fois-ci, je n'ai pas chercher à comprendre. J'ai lu "Papillon de nuit". Je l'ai arraché à son contexte. Je l'ai pris comme un texte autonome, sans avant ni après. <br /> Je me suis retrouvée dans une chambre parfaitement obscure. J'ai vu le papillon de nuit qui cherchait à s'échapper. J'ai eu envie d'ouvrir la fenêtre pour qu'il s'envole, très loin...
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A
Oh ! Voilà un joli commentaire comme on aimerait en avoir plus souvent ! Merci à toi petite Comète de passage. :D