Papillon de Nuit
Dijon
Julian
J’aime la nuit. Je voudrais être là-bas, sur la piste, déhancher mon corps et obéir au Démon Jouisseur, le DJ Démiurge qui commande le dance-floor. God is a DJ… Mais je ne bouge pas. Je reste là, dans mon lit, immobile. Et je ne fais rien. Emmène moi Gautier… Des papillons de nuit perdus dans le néant de leurs ténèbres profondes, à la recherche d’un phare, d’un îlot de lumière qui les appelle et les guide, ces vaisseaux perdus dans l’océan de la nuit. A la recherche des effluves de l’alcool-lumière. Et toi ma Nalvenn, ma luciole, danse avec moi, ton papillon de nuit…
Je regarde mon appartement endormi. Le cortège des masques infernaux est là, il me regarde et me grimace. C’est une cohorte de démons qui hantent les murs de la pièce pentagonale. Des sourires qui se meuvent au gré de la lune. Une danse endiablée au parfum de souffre.
Ils sont là, je les vois. Ils se répandent sur la paroi, collés par milliers, comme une maladie. Des papillons de nuit qui s’étalent dans l’ombre, des millions, des milliards. Créatures nocturnes en quête de lumière, aux couleurs d’automnes. Envol des feuilles mortes, ballet des réverbères. Attirés par la chaleur, brûlés vifs par le rêve embrasé, consumé ; petites cendres qui volent, ballottées par le vent. Je suis un papillon, un papillon de nuit. Et je ne peux pas dormir.
Laissez moi vous rejoindre, dans l’antre de la nuit, laisser mes ailes s’abriter, entre vos bras aguerris. Faire sécher mon cœur, au son des basses qui résonnent, et te revoir, mon dieu.
Mon corps est lourd sur le matelas, et la couette pèse sur moi. Je me sens minéral. Déjà je sombre, renversé par une vague de la nuit, du sable plein les yeux. Et voilà que je te rejoins, beau dieu, dans le domaine des songes, où tout n’est que possible.
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