Colchiques (première partie)

Publié le par Altaïr

Dijon
Julian
 
Je n’ai pas oublié ton visage.
Je regarde la plane étendue de mon cœur. Un grand pré incliné où paissent des troupeaux. Le pré est vénéneux, mais joli en automne. La lumière est douce, vespérale, d’une couleur mordorée, presque sépia. Est-ce un souvenir ? Les vaches y paissant, lentement s’empoisonnent. Un air maléfique et subtil rode en ce lieu. La végétation toute entière en est nourrie, elle expire des vapeurs mortifères. Quelle est donc cette fleur toxique qui gangrène mon cœur ? Le colchique couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là. Violâtres comme leur cerne et comme cet automne Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne.
C’est revenu, Ca. Cela faisait plusieurs mois que je ne l’avais pas ressenti, mais c’est de retour, maintenant. Je n’ai pas oublié ton visage. Il s’est imprimé comme de l’encre rouge et noir, comme la sève de ces fleurs du mal. Comme un venin dans mes veines violacées. Ca, le poison. J’aurais dû m’y préparer, il y a longtemps, me mithridatiser, et boire à la fiole les liqueurs entêtantes, qui entravent les sens et font couler la glace, au creux de nos artères.
J’ignore ton prénom, beau dieu, mais j’aime le gracieux souvenir de ton visage imprimé, comme l’empreinte de nos dents dans ces fruits amers qui dégoulinent sucrés. Je t’aime, tout entier. Tu ne m’as même pas regardé, pas même effleuré, du bout des yeux, pas un instant. Ton mépris, ta hauteur surplombante, voilà que j’en suis fou, papillon de nuit attiré par la chaude lumière qui le consumera. Car je sais que tout est vain. Ca, le poison qui me contrôle, me brûle déjà. Demain, Jed et Jon me ramèneront à toi. Et de ton dédain, tu me briseras, je le sais, je l’entrevois. N’oublie pas. Que je suis un dieu, moi aussi. Je lis dans les boyaux du ciel. Que je peux voir l’avenir, mon avenir. Ne sous-estime pas ma clairvoyance. Ne me sous-estime pas.
Méprise moi. C’est cela qui me rend fou de toi. Tu arraches mes atours divins, avec tes dents acérées, tu me dépèces, tu m’écorches vif. Me voilà mis à nu, comme les arbres d’automne. Sous ton regard qui ne me voit même pas. Et je tremble pour toi. Beau dieu, reviens moi…
 
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Publié dans Julian

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B
heyyyy!!!!! espèce de perfide!!!!! loool je retire ce que je viens de faire remarquer sur tes 90 fragments!!!! c'était une supposition...."à supposer qu'un jour j'ai des enfants....."  mais le sous-entendu était peut-être trop subtil pour toi?? lol
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A
Sans doute Toutoune, moi je suis pas un mec subtil tu sais ;-) <br /> Et oui, je suis perfide et j'assume !
B
c'est vrai que c'est emmerdant comme situation, plus l'autre te fuit, plus tu t'accroches, et plus tu t'accroches, plus il te fuit......soit dit en passant, Alti s'approche doucement mais sûrement des 100 fragments!!
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A
Hehe... plus que huit maintenant...
A
Très joli fragment je trouve :) Surtout le début, parce que perso j'ai du mal au fait d'accrocher à quelqu'un pour le mépris qu'il nous porte. Pour le reste, les métaphores du début, cette manière de raconter la lumière et ses effets, cette obsession de Julian, j'adore.
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A
:D Merci Alsciounet.<br /> C'est le problème de la fameuse expression : "suis moi je te fuis, fuis moi je te suis", et toutes les emmerdes qui vont avec.
E
Deux corrections, enfin, la 1ere, c'est peut-être chipoté ? :-)<br /> 1- Le colchique couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là. ==> le Y majuscule, suivi du t en minuscule de tes yeux,  sans même une virgule entre les deux; ça embrouille un peu la lecture de la phrase. Si ce sont des vers, ils seraient + lisibles avec des retours à la ligne<br /> 2- comme l’emprunte de nos dents du verbe emprunter (je t'emprunte ton stylo) ou du nom empreinte (des dents, en l'occurence)<br /> bon week-end !<br />  
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A
Oui, moi qui croyais que tu avais trouvé plein de fautes... tu chipotes un peu ! D'autant que la première n'en est pas une, c'est un extrait du poème Les Colchiques, donc j'ai respecté sa non-ponctuation. Pour empreinte en revanche je te remercie.
B
hey ouais, faut leur apprendre la vie, à ces petits!!!! lol(oh my god, imaginez si je fais subir la même vie que celle de Sylvia à mes enfants!! lol)
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A
Tu comptes être mère? Mais il faut pas un homme pour ça? Désolé :D je suis perfide...