Ratatouille

Publié le par Bételgeuse

Dijon
Sylvia

J'ai réussi à m'asseoir sur mon lit, mes bras retenant mon corps de la chute en avant qui le guette. Elle est partie. Evidemment. Elle a profité que je sois endormie ; mais je l'ai senti jusque dans mon sommeil. J'ai un sixième sens pour repérer les moments où l'on va à nouveau m'abandonner. Oh allez, Sylvia, elle ne va pas rester à ton chevet éternellement. Mes genoux craquent lorsque je me met debout ; et mes muscles ont mal d'être à nouveau actifs. Un fourmillement parcourt mes cuisses, je sens mes mollets se contracter à chaque mouvement.
Un morceau de papier attire mon regard, sur la table. Mes doigts encore tremblants s'en emparent. « Tu trouveras un peu de ratatouille avec du jambon au frigo. Essaie d'en manger au moins trois ou quatre cuillères à soupe, stp. » Comme si je n'étais pas assez grande pour me faire ça toute seule. Elle a dû écrire ça précipitamment, on ne reconnaît pas son écriture ronde et appliquée. Je souris intérieurement, heureusement qu'elle était là. J'ouvre machinalement le frigo, sort l'assiette couverte d'un film plastique.
Ce n'est pas son écriture.
Cette pensée m'effleure l'esprit, mais je l'écarte aussitôt. C'est forcément son écriture. J'enfourne l'assiette dans le micro-onde, et ne peux m'empêcher de scruter le morceau de papier. Je dois me rendre à l'évidence: ce n'est pas son écriture.
Azulor
. Qu'est-ce que je raconte, moi? Cela ne veut rien dire, « azulor », et cette histoire d'écriture ne rime à rien non plus. Je me pique le doigt en sortant une fourchette ; elle me semble plus lourde que d'habitude. Sors l'assiette du four, la pose sur la table. Mon regard croise celui d'un nuage, par la fenêtre. Où est-ce que j'ai entendu parler de nuages? Je suis sûre d'avoir parlé nuages, ou d'en avoir vu, mais quand? Retrouver le fil de ses pensées est un exercice auquel je m'adonnais souvent, avant. A présent, mon cerveau englué ne peut plus se concentrer assez longtemps.
Ce n'est pas une boîte de conserve ouverte rapidement. C'est une vraie ratatouille, avec des légumes frais. Ce goût de thym a un fond de déjà vu.
Alors, je sais. Le fauteuil, Mozart, le thé.

Et chaque bouchée est un apaisement.

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Publié dans Sylvia

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H
bon voilà après un pti détour chez "romain" je commente<br /> j\\\'aime bie ce fragment parce que ça me rappele cette sensation bizarre après un rêve, de savoir sans savoir.<br /> et oui chaque bouchée de ratatouille est un apaisement, quoi que je préfère le tian^^<br />  
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A
Ouiiii Romain est enfin de retour jen été sur. je t'aimeuh bétoune!!! tres tres bo frag cecci dit!
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B
ben il est de retour sans l'être vraiment, puisqu'elle l'a toujours pas vu......
P
ok ( je n'avais pas compris qu'ils renvoyaient a la même chose) mais ma théorie tiendrais debout!! m)miracle!!!!
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B
looooooooollll bravo, alors!! mais je n'ai toujours pas compris!!et va lire "Chez Romain", tu verras pourquoi ils renvoient à la même chose !!
P
entre mozart et azulor il y a un effet peu etre pas spécialement recherché, qsui donne l'impression de tour infini, de cercle fermé et inferemable en même tps, c'est assez etrange. bravo pour cette chose qui m'a attiré l'attentiio,!!!<br /> tiré par les cheveux soit: mais mon explication tiendrait debout!!
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B
je ne suis pas sûre de capter le truc du cercle fermé, mais après tout, Azulor et Mozart renvoient à la même personne, alors c'est normal de faire un lien entre les deux....
A
J'suis du même avis qu'Alta, j'ai beaucoup aimé ce fragment, qui contraste beaucoup avec les précédents, fait une brusque arrivée de fraîcheur au milieu de la tension...
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B
en fait, Romain c'est Superman, sauf qu'il va pas enfiler des collants bleus sous un slip rouge dans une cabine téléphonique à chaque fois qu'il a envie de sauver quelqu'un.....!!!