Rien ne se passe

Publié le par Altaïr

  

Dijon
Julian


Ce matin j’ai décidé de prendre un vrai petit déjeuner. Je me suis levé tôt, et voilà que je rentre de la boulangerie (à quoi bon formuler les mots « Palais de la gourmandise », quand un terme si simple évoque la même chose avec plus de pudeur ?) où j’ai acheté à la jolie rousse potelée un croissant à tremper dans mon café noir. Je baigne dans le silence. C’est agréable. Dehors, il fait beau, l’air est frais et vivifiant. Rien ne se passe. Je me sens bien. Le croissant s’imbibe du liquide sombre qui me coule sur le menton. Un joli dimanche tout simple. Un dimanche aux contours lisses, sans accroc. Le temps glisse lentement, à un rythme uniforme, sans accélération soudaine ou freinage intempestif. Je me souviens de tous ces dimanches. Fallait-il que j’attende que s’écoulent toutes ces années pour enfin les savourer, leur amertume décantée ? Je regarde par la fenêtre, je regarde les jours qui arrivent. Les viscères du ciel sont limpides, ce matin. Je ne sais pas ce qui va arriver, et pour être franc, je m’en fous. Qu’importe ce qui va se passer, au cours de ces mois à venir, je ferai face. Et après tout, pourquoi faudrait-il qu’il se passe quelque chose ? Pourquoi faut-il toujours qu’il se passe quelque chose ? Je suis là, à ne rien faire, à me dire qu’il ne se passe rien, que cet instant est sans importance. Et sans doute ne me souviendrai-je pas de cette matinée paresseuse dans quelques jours à peine. Mais même ce moment compte. Qu’est-ce que cela signifie ? Chaque seconde est là, à attendre d’être croquée et dégustée en elle même comme une friandise. Je trempe une nouvelle fois le croissant dans le café. Le goût fort du café m’écœure, si bien que je dois l’atténuer d’une à deux cuillerées de sucre. Un peu de sucre dans ma vie, un peu de glucose dans un dimanche comme un autre. Vivre dans le présent sans souci de ce qui adviendra. Au jour le jour, comme on dit. Ces jours qu’on cueille comme des fleurs dans les prairies du Temps. Encore une métaphore, mais au moins le Temps a fini d’être anaconda pour devenir prairie ; je progresse. Finalement, ce n’est qu’une question de point de vue. Ma vie est ce que j’en fais, le sens que je lui donne. Je veux des champs de fleurs.

 

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Publié dans Julian

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H
eh ben tout ce que vous pourrez dire ne changera rien au fait que cette musique est géniale.<br /> par analogie ce frag est génial<br /> ce blog aussi
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A
Et toi aussi, petite Comète :D
A
Wiiiii vive Julian ^^ A ce rythme là il va devenir définitivement heureux :D (Nan j'plaisante ^^" Mais il connaîtra au moins un peu de répis :))
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A
Oui, il en a besoin en effet :D
B
oui mais c'est seulement un concept, il n'existe pas dans la réalité. et pour moi un concept qui n'a aucune application pratique est forcément objectif.Ceci dit, moi je m'en vais, à quand j'irai squatter le WiFi de la fac!!!!!! bizouxxxx mes Etoiles et mes Comètes, je vous aiiiiimmmmmeeeeeeeeeeeee!!! (comment ça j'en fais toujours trop?? lol)
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A
Adieu, Bet. (comme c'est triste, mdr).
T
ok je prends.A mon avis le café etait trop fort...T.
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A
Alors, tu es partant? :D
B
je dirais que normalement le rien est objectif : rien, c'est rien. Mais le Rien absolu n'existe pas, et tout ce qui est rien relatif est de l'ordre du subjectif
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A
Le rien absolu, si, existe en tant que concept. C'est une connaissance pure, pas vrai Antarinout? :P