Liés
Dijon
Julian
La buée s’élève. Je n’aime pas le thé. Il y a dans ma bouche ce goût acre et putride que l’eau réchauffée ne saura effacer. Tu ne me sauveras pas Jed. Tu ne sais pas le faire. Il n’y a qu’Elle qui en soit capable.Du Septentrion glacé où tu t’es réfugiée, douce Nalvenn, je veux entendre le carillon doré de ton cœur pulsant chaudement dans ta poitrine-lumière. Je t’ai revue en rêve, ma luciole, sur les berges blanches de ton monde, là où les cygnes se noient dans un azur plus pur que la Vérité. Tu m’as consolé, mais sans me toucher. Je croyais que nous serions toujours liés l’un à l’autre Nalvenn, tu me l’avais promis ! Tu m’avais dis que je pourrais te parler dans mes songes et t’y retrouver à loisir !
« Mais désormais tu dois retrouver ceux auxquels tu es vraiment lié, Julian. »
Ce n’est pas ta voix Nalvenn, c’est…
Arthur regarda sa mère sans comprendre.
« Il y a peut-être quelque chose qui nous dépasse dans ce monde, lui dit-elle. Quelque chose de bien plus grand que nous et qui nous lie les uns aux autres dans notre perplexité.
- Je ne comprends pas, Maman. »
Elle prit son fils et le serra contre sa poitrine, et il se sentit apaisé par la chaleur de sa peau.
« Lorsque je ne serai pas là pour te sauver, laisse ceux qui t’aiment me remplacer. »
Elle prit son fils et le serra contre sa poitrine, et il se sentit apaisé par la chaleur de sa peau.
« Lorsque je ne serai pas là pour te sauver, laisse ceux qui t’aiment me remplacer. »
Jed a pris ma tête entre ses mains pour la placer sur son cœur, et je le sens qui pulse, blotti que je suis contre son torse, moi qui suis sale et au plus mal, il me presse contre sa veste noire et propre, et ses mains réchauffent mon être meurtri. Les pulsations de son cœur écrasent en moi le rythme infernal de celui de l’Enfant, et m’apaisent.
Arthur sentit son cœur entrer en communion avec celui du Dieu-Loup et leur fréquence cardiaque s’harmoniser. La bulle de sang chargée de colère ne battait plus, et le flegme du Dieu-Loup se déversait dans le jeune garçon avec la tranquillité d’une rivière. « Car c’est cela, mon pouvoir. Je suis le Dieu-Cœur, celui qui ressent ce que vous ressentez et devient ce que vous êtes. »
La voix de Jed émerge près de l’ordinateur. Je me raccroche à la réalité.
« Viens voir Julian, Il vient de se connecter. »
Vendredi 16 février 2007, rapport de la discussion. avec Nathan (en_nathan_danslapluiehotmail.fr ; pseudo : A la recherche des autres constellés). Début 18h26.
N : J’ai lu ton dernier texte Julian, ça se clarifie de plus en plus. Nous sommes liés. Tous.
La voix de Nathan. Celle de Jed. Celle de Maman. Celle de Maya. Les voix se mêlent dans mon esprit et se brouillent, tandis qu’au milieu de cette grande clameur, une tour de sable s’élève et se dresse devant la face du Ciel.
Je suis perdu.
Perdu en toi-même.
Nous sommes perdu !
Nous ?
Je…
« A qui tu parles, Julian ? »
C’est ma voix.
N : Retrouvez la Déesse-Mère.
N : Retrouvez la Déesse-Mère.
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