Le temple de mes rêves éveillés

Publié le par Altaïr

Dijon
Julian

julian1.jpgIls m’ont séparé de Jed ! Hathor, méchante déesse à la peau cuivrée, quelle est cette torture que tu m’infliges là ? Pourquoi me retirer l’objet de mon amour ? Cruelle, je vois sur tes lèvres ce sourire qui se peint, je vois l’enduis de ton sadisme suppurant. Ca te fait jouir, hein, salope, de m’arracher mon Cœur ? Tu ne l’as pas déjà assez fait ? Ca ne te suffisait pas, de me prendre ma Laura ?
Trois grains d’épice sur une bouche constellée…
Je repense au garçon.
Regard rouge de Sethi-Anubis, comme un Œil fixé sur mon Cœur.
Je suis enfermé, derrière les barreaux d’airain, et des gardes sillonnent le couloir. Crois-tu vraiment que cela m’arrêtera, déesse ? Je suis le dieu-aigle mimétique, je suis le grand Empathe... Il me suffit de la sentir, la sphère ROUGE colère qui pulse dans mon sang, et voilà que la force surhumaine de Jed afflue dans mon corps, mes mains sur les barreaux et l’acier qui se tord, le fer brisé par mes muscles de titan. Je frappe le garde nu qui s’écrase contre le mur, avant de retomber, comme un chiffon, sur le dallage de la prison moite. Du calme Arthur, du calme. Fais le vide en toi. Ecoute ton Cœur, laisse le pouvoir de Nathan te guider, afin de retrouver J. dans les galeries souterraines du temple. J’entends, j’entends son rythme cardiaque, je le ressens dans mes veines. Et je sais où il se trouve, comme si c’était écrit en moi, il me suffit de courir, sans réfléchir, car c’est le bon chemin. Les gardes sur mon passage sont éjectés à coup de poings et s’effondrent comme de vulgaires jouets.
Gare au loup garou tapi en moi…
Mais… quelle est cette force qui m’aspire ? Hathor se dresse devant moi et les effluves de son parfum endorment ma combativité. Elle est ici et là, partout à la fois. Car c’est son temple.
Tu ne t’échapperas pas…

Justin me parle. Je n’entends pas ce qu’il dit. Je suis debout derrière le comptoir, au Dionysos, et ce brusque retour à la réalité me fait perdre l’équilibre. Mes yeux se ferment, j’ai la tête qui tourne.Il fait une chaleur à crever.
« T’en penses quoi ?
- Hein ?
- Eh oh, Ju-li-an, tu m’écoutes ? Roh… 
- Excuse Justin je – je me sens pas bien…
- Ah ben mince alors, je peux faire quelque chose ? 
- Nan, laisse tomber. »
Je regarde Justin à qui je parle comme à un chien, et je vois ses yeux larmoyants qui souffrent, mais il est à mes pieds. J’aurais beau être le pire des salauds, je sais qu’il restera fidèle. Et je prends un plaisir malsain à être aussi glacial, et ça me dégoûte. Alors je me sers un grand verre de whisky et le descends d’une traite.
« Waouh, la vache, fais gaffe Ju’, faut pas devenir alcoolo hein ! »
Je t’emmerde, Justin, je fais ce que je veux. Car je suis un dieu, et toi un simple mortel. Alors ne me dis pas ce que j’ai à faire.
« Le gamin a raison, lance Louis en passant derrière moi, doucement avec l’alcool, votre seigneurie. »
Merde ! J’ai le droit de me cramer la gorge si je le veux ! Mes yeux me brûlent, je pleure chaque nuit en pensant à Jed, la tête sous mon oreiller, et chaque bouffée d’air dans mes poumons est une indicible douleur. Laissez moi ! Ne me parlez pas ! Je suis le dieu noir qui souffre et cicatrise ses plaies dans l’obscurité.
Oublie le… Tu sais si bien le faire, pas vrai ?
Je ne peux pas, pas cette fois…
Allons, c’est pourtant facile, tu connais le chemin Julian. Il y a un sentier bordé de cyprès, et puis la berge du fleuve blanc comme le lait…

Ma cellule. Une prison pour l’esprit.
La chambre de mes rêves éveillés. J’en ai apprivoisé les contours dans la nuit. Je commence à connaître ses moindres secrets, le bruit du parquet sous mes pas et la forme des objets déformés par la pénombre.
Dallage de pierre moite. Je pleure. C’est cela qui s’écoule sur les murs, larmes suintant de la pierre. Mon corps est recroquevillé dans un coin, mes blessures saignent silencieusement.
Désormais qui viendra me sauver ?

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Publié dans Julian

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A
Comme un oeil fixé sur ton coeur. Fais gaffe. Jed te regarde, il sait que tu penses à lui. Beau texte. Merde, ça me fait penser que je dois écrire. ahhhh! Fuis, démon!
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A
Allez allez, au boulot Aldé ! N'abandonne pas les Ink Stars ! (dont tu es le seul représentant ^^')
A
C'est tout beau, tellement mêlé de poésie, de métaphores, de récits annexes, ce mélange de la vie d'Arthur et de celle de Julian... Et le pauvre Justin perdu au milieu de la tempête, Louis qui s'affaire, immobile parmi les flots, mais peut-être pas vraiment conscient de ce qui se trame...
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A
Y a pas que Justin qui est perdu pour le coup... Même moi je me noie un peu dans tout ça ! Enfin non, je sais m'y retrouver, mais j'ai peur que... que tout ça ne soit un peu trop... irrémédiable.
M
Plus intense, plus dévorante, cette passion pour Jed...Même si l'introduction de cette vulgarité dans les rêves de Julian, peut paraître surprenante... elle ne reflète en réalité que mieux cette passion dévorante, j'aime beaucoup j'ai hâte de lire la suite...Pauvre Justin ...
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A
Aah :) Martin....:)