Vapeurs

Publié le par Alsciaukat

Tours
Léopold

« J'ai pas envie que tu te mettes là. »
Alexandre ne répond rien. Il a l'air triste. Bon sang, je ne l'aime pas, mais à un point ! Ses yeux s'humidifient même. Quel idiot. Comment a-t-il pu en arriver Là ? Je sens une poussée de haine monter en moi tandis qu'il reste encore un peu immobile, comme hésitant.
« Dégage. »
Il ne bronche pas. Il se retourne simplement, et va s'asseoir à la première place qu'il trouve, loin de moi, loin de Marie, loin des autres avec qui il peut être d'habitude. Tant mieux.
Je commence à sortir mes affaires. Lorsque je me redresse, je vois Georges qui s'est directement assis à côté de moi et est en train de disposer sagement sa trousse sur le bord de la table. Qu'est-ce qu'il fait ici, celui-là ? J'ai réussi à rester seul depuis le début de la semaine, pourquoi y en a-t-il à présent qui viennent ici ? Il y a d'autres places libres plus vers l'avant.
« Qu'est-ce que tu fiches ici ?
- Et toi ? »
Je ne réponds rien. Ça n'en vaut pas la peine. Il finit de s'installer. Je sens la glace en moi. Le cours commence.

Le brouillard se répand en des bancs vaporeux
Qui dérivent un instant et se laissent mourir
Parmi les arbres morts occupés à pourrir
Et les bâtiments sombres faits de gré poreux.

Dehors, le ciel est bleu, pourtant. Je ne sais pas d'où me vient cette image d'une brume pesante installée sur la ville. Georges écrit avec acharnement à côté, tentant de résoudre les exercices en cours.

Cette chape s'étend sur les rues délavées,
Filaments argentés, empereurs de silence,
Qui dans des tourbillons se compriment et s'élancent,
Pour s'échouer enfin contre le sol pavé.

Encore des corbeaux, dehors. Je les vois de plus en plus souvent, depuis quelques temps. Leurs crêtes ébouriffées hantent mon esprit, quand j'écris.

Un voile mortuaire recouvre la ville,
Seulement dérangée par les croassements
Des seigneurs d'aujourd'hui, hier pourtant serviles.

Ils paradent, moqueurs, sur les tas d'ossements,
Assemblée de corbeaux venus voler en nombre
Dans le ciel obscurci de leurs plumages d'ombre.

A peine ai-je fini d'écrire le dernier mot, que Georges a déjà tout lu.
« Tu as msn ? »
Quelque chose s'éveille en moi. Msn. Les gens à tromper. Georges l'invincible, celui qui n'a jamais marché dans mes jeux. Et si je pouvais arriver à quelque chose avec lui, grâce à internet ? Me jouer de lui à son tour ?... Je lui note mon adresse sur sa page d'exercices, la tête déjà emplie d'idées sombres.

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Publié dans Léopold

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B
et, je sais que c'est mal, mais j'ai la flemme de corriger.... je pense que tu voulais dire "grès poreux"....et pas "gré"
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B
haaaaaaaaaa Léo, le retour !!!!!!!!!! :p
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A
J'adore, j'adore. Quel pourri celui-là... Mais en même temps on le pleint. Dans l'attente de savoir ou tout celà va le mener... youpi!
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S
wouah!!Mais alors là!!!! Je crois que l'on peut appeler ça un pétage de plomb. Pressé de savoir jusqu'où cette haine trop longtemps contenue va mener Leo.
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A
Hé hé ben oué il lui arrive des trucs moches :) Mais on est pas encore au pétage de plomb, crois-moi ;)
A
Preum's. Super frag, super poème, on attend la suite, on salive :) C'est jubilatoire, le mal ambiant.
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A
Merci :) Le mal ambiant...